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publié le 26 avril 2022

Bourgogne Aujourd’hui n°164 : coup de coeur pour Vincent Dureuil !

Une bouteille de Rully premier cru blanc vieilles vignes Le Meix-Cadot du domaine Dureuil-Janthial.

 

Inaugurée dans le numéro 163 de Bourgogne Aujourd’hui, la rubrique “Domaine Coup de Coeur” fait cette fois une halte en Côte Chalonnaise, chez l’un de ses plus brillants ambassadeurs depuis plus d’un quart de siècle : Vincent Dureuil, dont les rullys premiers crus blancs n’ont pas grand chose à envier aux grandes appellations voisines de la Côte de Beaune.

Retrouvez ci-dessous l’article complet d’introduction de la rubrique. Il vous reste à découvrir dans le numéro 164 de Bourgogne Aujourd’hui les “secrets de fabrique” (viticulture, vinification, élevage…) de Vincent Dureuil, ainsi que tous les commentaires de dégustation sur une formidable dégustation verticale (de 2019 à 1994) de Rully premier cru blanc vieilles vignes Le Meix Cadot, cru emblématique du domaine. 

 

 

Lorsque nous nous sommes demandé, en réunion de rédaction, à quel domaine consacrer le deuxième volet de notre nouvelle rubrique « Domaine coup de cœur », un nom s’est imposé d’emblée, celui de Vincent Dureuil. Le vigneron a créé son domaine en 1994, l’année de naissance de notre magazine. Nous avons donc, en quelque sorte, grandi ensemble. Mais surtout, Vincent Dureuil s’est imposé au fil des millésimes comme un des chefs de file de la qualité, incontournable dans la Côte Chalonnaise, respecté dans toute la Bourgogne. Ses blancs -et les rouges ne sont pas en reste- possèdent une impressionnante capacité de garde. Vous le découvrirez dans nos pages suivantes, consacrées à une dégustation verticale du 1er cru de Rully emblématique du domaine, le Meix-Cadot Vieilles Vignes.

Vincent Dureuil a toujours voulu devenir vigneron. Prendre la suite du père, qui lui-même avait succédé au grand-père, s’est imposé comme une évidence. Pas comme un choix par défaut, mais comme un choix du cœur. « J’ai toujours voulu faire du vin. Tout petit, j’étais dans les vignes au côté de mon père, je l’accompagnais à la cave, je participais aux vendanges », se souvient Vincent Dureuil. Aujourd’hui, âgé de 51 ans, il prend toujours autant de plaisir à travailler dans ses vignes.

 

Des survivants de la peste

 

La présence de la famille à Rully, au nord de la Côte Chalonnaise entre Mercurey et Bouzeron, se perd dans la nuit des temps. « La famille Janthial, le nom de ma mère, est l’une des sept familles du village ayant résisté à la grande peste du XIVème siècle. Le blason qui figure sur mes bouteilles est celui des Janthial. Pierre Janthial, mon arrière-grand-père, possédait une vigne et faisait un peu de polyculture et d’élevage à Rully. Mais du côté de mon père, les racines familiales se situent à Puligny-Montrachet », explique Vincent Dureuil. Le mariage de ses parents, en 1968, a donné naissance à un domaine de 6,5 hectares, composé de deux hectares de puligny-montrachet, et de 4,5 hectares de rully. L’époque était difficile, et le vin n’avait pas le statut qu’il possède aujourd’hui : « Mon grand-père produisait du mousseux et du vin rouge ordinaire qu’il vendait aux mines de Montceau et aux tuileries de Chagny… »

 

Des débuts difficiles

 

En 1994, à tout juste 24 ans, Vincent Dureuil se retrouve à la tête de 3,6 hectares issus du patrimoine familial, tout en continuant de travailler avec son père jusqu’à la retraite de ce dernier, en 2002. On peine à imaginer que dans ces années quatre-vingt-dix pas si lointaines, les débuts de ce chef de file de la Côte Chalonnaise ont été difficiles. Vincent se souvient pourtant avoir « galéré » : « Les premières années, j’avais du mal à vendre mon vin. Les clients achetaient celui de mon père, qui avait une bonne réputation. Pour trouver des débouchés, je passais mes soirées à rédiger des courriers aux médecins, aux pharmaciens, aux gens aisés. J’avais ciblé la Haute-Savoie, parce que j’aime la montagne et que c’est une région à fort pouvoir d’achat. Pour un carton de douze acheté, on offrait une bouteille et la livraison. Ma plus grosse commande de 1994, c’était un rully rouge, 120 bouteilles pour l’école de ski de Boëge (74)… »

En 1996, Peter Vezan, un agent commercial bien implanté en Bourgogne, lui permet de sortir la tête de l’eau : « Il a goûté, ça lui a plu, et il a réservé 90 % de ma récolte pour le marché américain. À l’époque, je faisais des sélections de barriques pour les USA… » C’est Georges-Albert Aoust, autre agent commercial réputé, qui le lancera sur le marché français, et introduira ses vins dans la grande restauration. La presse spécialisée, de plus en plus élogieuse, et le bouche-à-oreille feront le reste, installant le domaine au sommet de la hiérarchie régionale.

 

Certifié bio en 2009

 

De 3,6 hectares en 1994, le Domaine Dureuil-Janthial est passé à 21. Il produit 100 000 bouteilles par an, que s’arrachent les amateurs avisés, ceux qui ne limitent pas leur recherche aux « stars » intouchables de la Côte-d’Or (…) En un peu plus d’un quart de siècle, le domaine a investi ; il s’est équipé, il a fait évoluer ses pratiques, et il a obtenu (en 2009) la certification en agriculture biologique. Mais s’il a tourné le dos aux traitements invasifs, aux « barrels selection », aux tâtonnements de ses débuts en matière de pressurage, il n’a jamais renié ses fondamentaux. Vincent Dureuil passe énormément de temps dans ses vignes, là où se fait la qualité du vin. Et il vendange des raisins bien mûrs, à contre-courant de la mode actuelle, qui conduit nombre de ses collègues à récolter trop tôt pour préserver la fraîcheur de leurs cuvées. De la fraîcheur, les vins de Vincent Dureuil n’en manquent jamais, parce qu’ils sont issus de rendements raisonnables, et de raisins sains et équilibrés. Ils traversent les années sans prendre une ride, un peu à l’image de leur producteur. Sportif et amoureux de la montagne, il l’arpente à ski l’hiver, chaussures de rando aux pieds dès les beaux jours. Lorsque, bien sûr, la vie de son domaine et la réception de ses clients (seulement en fin de journée) lui en laissent le loisir.

 

Jean-Philippe Chapelon

Photographies : Thierry Gaudillère

 

 

Le domaine en chiffres

21 hectares.

23 cuvées.

40 % vins rouges.

60 % vins blancs.

6 salariés + 1 apprenti.

100 000 bouteilles produites au domaine.

 

Bio express

25 mai 1970 : naissance de Vincent.

1986-1992 : lycée viticole de Beaune (BTA Viti-Œno, suivi d’un BTS Technico-Commercial Vins et Spiritueux).

1993 : service national dans la brigade de gendarmerie de Mirebeau-sur-Bèze (21).

1994 : installation à Rully sur 3,6 hectares.

1997 : reprise des vignes du Domaine René Naudin, son beau-père, à Prémeaux-Prissey, dans la Côte de Nuits.

1998 : mariage avec Céline, fille de René Naudin.

1997, 1998, 2000, 2005, 2008, 2011, 2013 : achats, reprises en fermage et replantations de vignes, portant le domaine à sa taille actuelle de 21 hectares.

2000 : naissance de Margot.

2004 : naissance de Clément.

2009 : certification de la totalité du domaine en agriculture biologique.

 

 

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