Accueil Actualités Bourgogne Aujourd’hui n°164 : des guides d’achat pour tous !

publié le 22 avril 2022

Bourgogne Aujourd’hui n°164 : des guides d’achat pour tous !

Croisement stratégique à Puligny-Montrachet (21), avec les grands crus Chevalier-Montrachet (en haut du chemin), le Montrachet (en bas à gauche) et le premier cru Les Demoiselles (en bas à droite).

 

Le numéro 164 de Bourgogne Aujourd’hui vient de sortir et il comprend (dans sa partie Bourgogne) plusieurs guides d’achats, en vins blancs et en vins rouges, avec les Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet, Saint-Aubin, Maranges et Santenay, millésimes 2018, 2019 et 2020 ; 360 bouteilles au total et le tout dans une fourchette de prix très large, à partir de 12 € la bouteille. 

Retrouvez ci-dessous une synthèse de l’article d’introduction sur Santenay et Les Maranges. 

 

Au sud de la Côte de Beaune, le vignoble de Santenay couvre un peu plus de 337 hectares, dont 126 en premier cru ; situation qui place ce village parmi les communes les mieux nanties de la Côte-d’Or. Même si le chardonnay a bien gagné du terrain depuis 20 ans, le pinot noir règne toujours en maître. Une petite partie du vignoble déborde sur Remigny, en Saône-et-Loire.

Encore un peu plus au sud, l’appellation Maranges est organisée autour de trois villages, Dezize, Cheilly et Champigny. Chacun de ces trois villages bénéficiait, depuis son classement en 1937, de sa propre appellation communale suivie de la mention Côte-de-Beaune. Les vins, produits en petite quantité, étaient assemblés et se vendaient sous l’étiquette de Côte-de-Beaune Villages. Les trois appellations des Maranges, qui ont la particularité d’être les seules de la Côte de Beaune, à être situées en Saône-et-Loire, restaient donc inconnues et inutilisées. Les vignerons demandèrent à l’Institut National des Appellations d’Origine de regrouper leurs trois climats sous un seul nom, pour faire valoir l’identité de leur terroir.  Ils obtinrent satisfaction par un décret de l’INAO du 23 mai 1989 donnant naissance à l’appellation Maranges (rétroactivement sur le millésime 1988), qui couvre aujourd’hui 194 hectares, dont 83 hectares en premiers crus.

 

Une image de “rusticité” qui n’a plus de raison d’être

 

Santenay et Maranges produisent des vins rouges riches, généreux qui possèdent un grain de texture, pouvant, dans leur jeunesse, confiner à l’austérité, mais qui les conduit à vieillir admirablement. Cette fermeté potentielle des tanins est due en partie aux sols riches en argiles, profonds dans de nombreux secteurs et parfois ferrugineux. Les meilleurs terroirs peuvent rivaliser avec les crus les plus charpentés de Côte-d’Or et on explique difficilement leur relatif manque de notoriété.  Le vignoble possède une indéniable qualité conférée par ces sols multiples, exposés plutôt vers l’Est pour Santenay et le Sud/ Sud-Est pour les Maranges. Les vins de bas de coteaux, qui possèdent beaucoup de polyphénols, sont puissants, solides alors que ceux des parties hautes du vignoble développent davantage de finesse et de longueur aromatique.

Les vignerons de ces deux appellations font face à une difficulté qui consiste à commercialiser des vins de caractère et de garde à des clients qui ne jurent trop souvent que par la rondeur ; l’immédiateté est bien ancrée dans l’air du temps ! Par des vinifications plus douces, parfois associées à une part plus ou moins importante de vendange entière, les meilleurs producteurs parviennent aujourd’hui habilement à dompter la puissance phénolique « naturelle » de leurs vins rouges, sans pour autant sacrifier l’âme des crus et l’image de « rusticité » qui leur collait à la peau n’a plus guère de raison d’être.

 

Texte : Gilles Trimaille

Photos : Thierry Gaudillère

 

 

Repères

Chiffres : Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB).

Santenay

Rouges : 274,29 hectares (106,44 en premier cru).

Blancs : 63,10 ha (19,63 en premier cru).

Maranges

Rouges : 177,14 ha (78,94 en premier cru).

Blancs : 15,66 ha (4,79 en premier cru).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’autres articles qui pourraient vous intéresser

Ève et Erwan Faiveley dans la cuverie de la maison, à Nuits-Saint-Georges.

Révolution en douceur chez Faiveley

Changement de style, rénovation des cuveries, investissements à Chablis, aux USA, dans l’art… Erwan Faiveley, en 2005, et sa sœur Ève, en 2014, ont succédé à leur père François à la tête de la maison nuitonne éponyme et ils n’ont pas perdu de temps…

29 juin 2022

Générateur anti grêle à vortex.

Grêle : la Bourgogne a-t-elle l’arme absolue ?

La Bourgogne et le Beaujolais n'ont pas été épargnés par la grêle cette année, mais si les deux régions ont, pour l'heure, beaucoup moins souffert que d'autres, elles le doivent sans doute à leur réseau de générateurs anti-grêle. L'arme absolue ?

24 juin 2022

Botte de paille dans les vignes, à Chapaize, dans le Mâconnais.

Comme un fétu de paille !

Après le gel, la grêle. Pour l'heure la Bourgogne et le Beaujolais s'en sortent "relativement" bien, mais le bout du chemin est encore loin.

22 juin 2022

Nos derniers magazines