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Le village de Meursault.

publié le 22 juin 2022

Meursault 2019-20 : une opposition de styles rassurante !

Volnay premier cru Les Santenots.

 

Les deux guides d’achat du numéro 165 de Bourgogne Aujourd’hui actuellement en vente sont consacrés aux deux voisins de la Côte de Beaune, Volnay, version pinot noir et Meursault, version chardonnay. Au total, plus de 200 vins sont sélectionnés, à partir de 30 euros environ la bouteille. 

Retrouvez ci-dessous l’article complet que nous consacrons aux millésimes 2019-2020 à Meursault qui, malgré un point commun, l’influence du réchauffement climatique, s’expriment dans des styles très différents ce qui est finalement plutôt rassurant. Jusqu’ici tout va bien…

 

 

Si 2021 a semblé marqué une pause brutale, dont tout le monde se serait bien passé, dans les discours sur le thème du « réchauffement climatique », il en est pourtant le pur fruit ; sans cette semaine estivale qu’avait connue la Bourgogne fin mars-début avril, les vignes n’auraient pas débourré aussi tôt et les bourgeons n’auraient pas gelé quelques jours plus tard. Avec des si… Pour 2019 et 2020 en revanche, inutile de tourner en rond, ce sont bien là de purs produits du réchauffement climatique avec des vendanges très précoces (intégralement au mois d’août en 2020 pour certains domaines) et des niveaux de températures et d’ensoleillement très élevés tout au long du cycle végétatif. Et pourtant, la comparaison entre les deux millésimes s’arrête là…

 

“Tout sépare 2019 et 2020”

 

« Tout sépare 2019 et 2020 dans le style des vins », assure Jean-Philippe Fichet, vigneron. « En 2020, il y avait une belle récolte bien mûre, sans excès, des grappes de chardonnay dans un état sanitaire parfait, aucun accident climatique et les vins riches, purs, me rappellent 2014 en un peu moins tendus, moins vifs ; c’est un grand millésime de garde en chardonnay. En 2019, les rendements étaient inférieurs de 40 % en raison du gel et de mauvaises conditions de floraison. Cette petite production a favorisé une montée rapide des degrés qui ont atteint de hauts niveaux ; les raisins se sont concentrés en sucre, en acidité aussi et les vins ont beaucoup de richesse, d’extrait sec, de bouche ; pourtant, avec une bonne gestion en cave, les degrés ne se sentent pas et on a des vins concentrés, gras, mais pas lourds », assure Jean-Philippe Fichet. Une opinion que nous partageons à 100 % et que l’on arrête de montrer du doigt les degrés élevés en chardonnay en oubliant un peu vite les millésimes difficiles d’un passé parfois pas si lointain que cela… 2019 est un millésime simplement délicieux, riche et équilibré, avec des fruités jaunes savoureux, des bouches pleines ; l’histoire de la Bourgogne viticole regorge de ces millésimes récoltés très mûrs et qui vieillissent magnifiquement bien pendant des décennies.

 

L’impression de subir le millésime 2019

 

« Je suis davantage inquiet des accidents climatiques de plus en plus extrêmes, comme la grêle, le gel, les écarts brusques de températures, que du réchauffement en tant que tel. Si tout le monde avait été surpris et parfois dépassé en 2003 par la canicule, de l’eau a coulé sous les ponts depuis près de vingt ans et nous sommes désormais bien mieux préparés à vendanger en août quand il le faut », affirme pour sa part Jean-Marc Roulot, vigneron, qui poursuit. « Toutefois, ces millésimes chauds sont très différents dans leur déroulement et leur conclusion. En 2019, la plante a souffert de la chaleur, de la sécheresse et nous avons eu l’impression de subir le millésime, d’être en permanence à la traîne ; les dates de vendange ont d’ailleurs été difficiles à déterminer en 2019 en raison de l’emballement des maturités. 2020 était beaucoup plus confortable ; il a plu pendant l’hiver, il y avait des réserves d’eau, la vigne a suivi un cycle plus régulier, plus normal et même si couper des raisins en pleine crise du Covid était irréel, les vendanges se sont déroulées dans de bonnes conditions ; 2020 démontre que malgré la date de récolte très précoce -début des vendanges le 20 août, paulée le 29)- il est encore possible de faire des millésimes à la fois chauds, précoces et précis, presque classiques ».

2019 ou 2020… À chacun ses goûts, mais ces deux millésimes « sudistes » amènent à la conclusion rassurante que ce n’est certainement pas demain la veille que la Bourgogne va produire tous les ans les mêmes vins ; ce qui est d’ailleurs vrai en blanc comme en rouge.

 

 

Texte : Christophe Tupinier

Photographies : Thierry Gaudillère

 

 

 

Repères

Les chiffres (source : Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne)

Meursault

382 hectares de chardonnay dont 105 hectares de premiers crus.

14 hectares de pinot noir dont 3 hectares de premiers crus.

19 climats classés en premiers crus.

 

 

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