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publié le 20 avril 2023

Pommard, Marsannay, Fixin, CDN Villages et les Beaujolais au “menu” de Bourgogne Aujourd’hui !

A Pommard, au printemps, le lieu-dit la Chanière.

Le vignoble entre Fixin et Brochon.

Le vignoble de Jarnioux, au pied du château, dans la région des Pierres Dorées, au sud du Beaujolais.

 

Plus de 350 vins sont sélectionnés dans le numéro 170 de Bourgogne Aujourd’hui et il y en a pour tous les goûts et tous les budgets (à partir de 7 euros la bouteille dans le Beaujolais, 15 € en Bourgogne) entre les Pommard, Fixin, Marsannay, Côtes de Nuits-Villages, Beaujolais et Beaujolais-Villages. Des blancs, des rouges et mêmes des rosés, dans des millésimes de styles très différents : 2019, 2020, 2021 et 2022.

Retrouvez ci-dessous l’article dans lequel Gilles Trimaille à cherché à savoir d’où pouvait bien venir cette image de robustesse, voire de rusticité, qui colle encore aux vins de Pommard.

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Dès 1855, dans son ouvrage « Histoire et Statistique de la Vigne et des Grands Vins de la Côte-d’Or », premier essai de classement complet des climats de la Côte-d’Or, Jules Lavalle attribue des caractères de fermeté et d’intensité de couleur aux vins de Pommard. À la fin du XIXème siècle, les pommards seront devenus « des vins qui se distinguent par leur corps, leur solidité et leur couleur », selon René Danguy et Charles Aubertin, dans leur ouvrage « Les Grands Vins de Bourgogne, Étude et Classement par ordre de mérite » de 1891. Dans son livre intitulé « Pommard et ses vignobles », édité en 2009, Henri Cannard reprend cette image en indiquant que les vins de Pommard sont « virils, amples et robustes ». Des auteurs récents comme Jasper Morris (Inside Burgundy, 2010) et Clives Coates (The Wines of Burgundy 2008) cherchent également à justifier la réputation des vins solides de Pommard. Ces différents avis, étalés sur un siècle et demi, indiquent clairement que la réputation du pommard puissant et coloré s’est consolidée au fil du temps. Mais d’où vient cette réputation de robustesse et de virilité qui semble traditionnellement rattachée aux vins de Pommard ? La dégustation des deux millésimes aussi contrastés que le 2020, aux accents parfois rhodaniens, et le 2021, aux arômes plus septentrionaux de fruits frais, était l’occasion parfaite pour vérifier si ce « stéréotype » était toujours d’actualité.

 

Finesse et délicatesse pour Morelot en 1831

 

D’ailleurs, cette image n’a pas toujours existé puisqu’en 1831, Denis Morelot, dans son livre « Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d’Or » a écrit : « … on entre sur le territoire de Pommard, qui offre les excellents climats des Fremyets, des Bertins, des Croix-Noires, des Rugiens, etc. Tous les vins qui se récoltent sur cette partie de la côte sont excellents par leurs qualités ; ils ont une finesse, un bouquet, une délicatesse, un goût suave qui ne se rencontrent en aucune espèce de vin… » L’auteur vante ici les caractères de finesse et de délicatesse des vins du coteau méridional de Pommard, caractères qui ne correspondent absolument pas à l’image des vins puissants qui va se développer tout au long des XIXème et XXème siècles.

Le rapport produit par la géologue Françoise Vannier en 2012 ne confirme aucune hypothèse qui pourrait expliquer la réputation virile des vins de Pommard. En fait, le profil géologique de Pommard, qui, s’inscrit intégralement dans le schéma de celui de toute la côte, révèle une forte proportion de dolomie sur l’ensemble du finage, mais il n’y a aucun lien évident de cause à effet entre l’importance de la dolomie dans le sous-sol et la typicité des vins qui en sont issus.

D’où peut alors bien venir cette « réputation » ? On peut trouver un début de réponse dans le remarquable travail de Rolande Gadille qui date de 1967 « Le Vignoble de la Côte bourguignonne », sur l’histoire et les pratiques viti-vinicoles en Bourgogne. Elle montre, de manière très convaincante, que ce sont les pratiques des maisons des négociants-éleveurs qui ont fixé ce standard et cette réputation. Dans cette étude, Rolande Gadille a étudié minutieusement les durées de cuvaison par finage pratiquées dans les années 1950-1960. Avec une durée de cuvaison de quatorze à vingt jours, Pommard était l’endroit de toute la côte où les extractions étaient manifestement les plus allongées. Sur le finage de Beaune, adjacent à Pommard, les durées étaient de quatre à six jours.

 

Les temps changent

 

À partir du milieu du XXème siècle, les vignerons, qui ont décidé de faire de la mise en bouteilles et de la vente directe, ont veillé au maintien des images des vins de leur commune respective, en adoptant des pratiques œnologiques favorisant ces réputations. Les vignerons de Pommard ont alors pratiqué les extractions les plus fortes de toute la côte, afin d’obtenir les vins plus robustes.

Mais cette dégustation montre que les temps changent et, si un groupe de producteurs réalise encore aujourd’hui des extractions solides pour satisfaire à cette norme historique, d’autres vignerons ont compris qu’il était possible de vinifier autrement, avec des pratiques œnologiques moins extractives, en introduisant parfois un peu de vendanges entières dans les millésimes très solaires. Cet intérêt pour les vins élégants est dans l’air du temps et les producteurs pommardois seront sans doute amenés, tôt ou tard, à abandonner les pratiques contraires à cette tendance contemporaine. Le pommard robuste ! Est-ce la fin d’une image ?

 

Textes : Gilles Trimaille

Photographies : Thierry Gaudillère

 

 

Pommard

Côte de Beaune.

100% vins rouges issus du cépage pinot noir.

L’appellation compte 28 premiers crus.

Pommard premier cru : 115,5 hectares.

Pommard village : 226 hectares.

 

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