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publié le 28 novembre 2022

Corton et Corton Charlemagne défient le temps !

Gilles de Larouzière désormais président du conseil de surveillance d’Artémis Domaines.

Frédéric Wéber, directeur technique de la maison Bouchard Père et Fils.

Corton grand cru rouge 1934 de la maison Bouchard Père et Fils (photo : Mei Hong).

 

Revenons quelques jours en arrière et plus précisément au vendredi qui a précédé la dernière vente des vins des Hospices de Beaune ; ce vendredi là est depuis 1995, année du rachat de la maison beaunoise Bouchard Père et Fils (fondée en 1731) par la famille champenoise Henriot, le jour où la maison met en lumière de vieux flacons tirés de sa fabuleuse collection de bouteilles conservées dans les anciens bastions de la ville de Beaune.

Le dîner est devenu un déjeuner, mais la tradition est restée, avec la dégustation en fin de matinée de l’avant-dernier millésimé récolté, en l’occurrence 2020, suivie d’un déjeuner arrosé de vénérables bouteilles.

Pendant la dégustation des 2020, Frédéric Wéber, le directeur technique, a rappelé que la maison avait débuté les vendanges le 19 août, encore plus tôt qu’en 2003. Frédéric Wéber a insisté sur tout le travail d’adaptation au réchauffement climatique qui est effectué tout au long de l’année et ce jusqu’aux vendanges qui commencent tôt le matin, à la fraîche, pour s’achever vers 12h/13h.  “En 2020, il y avait urgence à vendanger les pinots noirs et nous l’avons fait du 19 au 23. Il fallait en revanche attendre les chardonnays qui ont mieux résisté à la sécheresse, qui étaient un peu en retard et avaient encore besoin de mûrir ; ils ont été récoltés à partir du 24 août”, explique-t-il.  Un tri important des baies flétries ou grillées s’est avéré nécessaire, comme des élevages plus longs qu’à l’ordinaire. “En blanc comme en rouge, les vins avaient besoin de temps pour se fondre”, assure F. Wéber.

Ce déjeuner a évidemment pris une résonance toute particulière quelques semaines seulement après l’annonce de la fusion entre Artémis Domaines (propriété de la famille Pinault) et Champagnes et Maisons Henriot, qui était propriétaire de Bouchard Père et Fils depuis 1995, mais aussi de William Fèvre, à Chablis. La famille Pinault détient désormais 75% des parts dans la nouvelle entité qui a conservé le nom Artémis Domaines.

 

Au cours du déjeuner concocté par Cédric Burtin, le chef étoilé de l’Amaryllis, près de Chalon-sur-Saônej, la thématique vin a été fixée sur le Corton et le Corton-Charlemagne, deux grands crus historiques de la maison ; la maison Bouchard Père et Fils y exploite respectivement 3,55 et 3,65 hectares tout en haut du coteau, en exposition est, entre Aloxe-Corton et Ladoix-Serrigny.

 

Corton-Charlemagne grand cru blanc 2002 

Vingt années se sont écoulées et le vin est encore d’une jeunesse confondante. Robe d’un doré étincelant. Ce Corton-Charlemagne issu d’un beau millésime et d’une époque où les maturités se faisaient classiquement en septembre, est à la fois gourmand et très frais, avec de belles saveurs d’agrumes, de noisettes grillées et une finale saline. A revoir dans 20 ou 30 ans…

 

Corton-Charlemagne grand cru blanc 1964

Robe ambrée, brillante. Arômes joliment évolués, confits, rôtis : figues, abricots secs, miel, safran… En bouche, le vin est juste délicieux, gourmand, enrobé, fin, avec une sensation de sucrosité liée sans doute à la présence d’un peu de botrytis ; et allez savoir si le vin n’avait pas gardé quelques grammes de sucres résiduels à la mise en bouteille… 1966 est le dernier millésime de Joseph Bouchard, père de Christophe Bouchard, le dernier des Bouchard a avoir occupé le poste de directeur-général au début des années 2010 ; il est parti en retraite début janvier 2015.

 

Corton grand cru rouge 1966

Belle robe de pinot noir, rubis, orangée. Arômes très fins, grillés, torréfiés, moka, relevés de notes florales, cacaotées… Bouche pure, ciselée, avec un fruité délicat, gourmand, une superbe longueur en bouche et beaucoup de classe.

 

Corton grand cru rouge 1934

Il arrivait à cette époque que les été soit caniculaires, comme en 1934, mais pas tous les ans comme aujourd’hui… Toujours est-il qu’en 1934 la maison a vendangé la récolte de très haute qualité de son Corton, “situé dans le lieu-dit le Corton”, rappelle notre confrère Michel Bettane, le 20 septembre ; les vendanges en août n’étaient alors pas d’actualité… Robe intense, brillante. Arômes riches de fruits noirs confiturés, de figues séchées, de chocolat, de réglisse… Bouche veloutée, soyeuse, tendre, avec une extrême délicatesse et un côté “aérien”. Une très grande bouteille.

 

 

 

 

 

 

 

 

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