Arrivé au domaine familial en 1990, associé depuis 1993, Stéphane Tissot est aujourd’hui au sommet de son art. Il fait partie des « stars » du vignoble jurassien, pour ne pas dire du vignoble français tout court. Alors évidemment, le premier réflexe est de se demander pourquoi ? Quels peuvent bien être ses secrets ? Que tout le monde se détende, il n’en a pas et finalement tout le monde peut théoriquement atteindre son niveau à condition bien sûr de suivre quelques règles de base qui peuvent se résumer en quelques mots : la plus haute exigence à toutes les étapes de la chaîne de production, de la vigne à la mise en bouteilles. C’est facile à dire, mais bien sûr un peu plus compliqué à mettre en pratique, qui plus est sur un domaine de plus de cinquante hectares. Mais voyons quand même…
Le terroir tout d’abord. Lors de la dégustation unique, exceptionnelle (lire en pages suivantes) centrée sur les vins blancs ouillés et vins jaunes que nous avons eu la chance de faire au domaine, Stéphane Tissot a tout d’abord dispensé un petit « cours » de géologie, un sujet qui de toute évidence le passionne véritablement et qu’il connaît sur le bout des doigts. Pour illustrer son propos, Stéphane Tissot nous fera déguster en guise d’introduction, quatre vins blancs issus du cépage chardonnay et du millésime 2024, cultivés sur quatre des principales formations géologiques du Jura, vinifiés de la même façon. Par la suite à chaque millésime, 2020, 2023, 2022, 2005, en blancs ouillés, 2018, 2017, 2012, 2011 en « jaunes », des cuvées issues de terroirs différents ont été dégustées par deux, ou trois, pour comprendre « l’effet terroir ».
Le terroir à la base de tout
« Quand j’ai commencé il y a vingt-cinq ans, nous étions quelques-uns à souhaiter une classification des crus et des terroirs dans le Jura. Les gens n’étaient pas prêts, c’est tombé à l’eau. Alors j’ai fait ma propre classification, avec des cuvées génériques, les sélections parcellaires qui sont mes premiers crus et si demain le dossier est relancé, nous sommes prêts. Cela étant, cela me semble peu probable. Les enjeux financiers sont trop importants ».