Quand, au début des années 1980, Pierrette Guillemot apprend les ennuis de santé de son père, elle n’hésite pas. L’œnologue fraîchement diplômée, qui avait planifié quelques vinifications à l’étranger, rallie le domaine familial de Clessé, vite rejointe par son conjoint Marc Michel. Il se souvient : « Pierrette aidait au domaine et moi surtout pour le tracteur. La récolte allait à la Cave de Lugny, on ne mettait rien en bouteilles. » La question de la transmission se pose rapidement. « On a dit aux parents de Pierrette que si l’on reprenait, c’était en sortant de la coopérative. Ce qu’on a fait en 1985. »
Le Domaine Guillemot-Michel est né. L’aventure commence, les embûches aussi. « Sortir d’une coopérative était très mal vu. On ne nous a même pas payé la récolte de 1984. Alors, imaginez quand on est passé en bio ! Il ne fallait même pas en parler… » Nous sommes en 1987. « On n’a pas demandé la certification au début, ce n’était pas encore un argument de vente. Mais c’étaient nos convictions : le bio ou rien. » Pierrette et Marc font alors de ces 5,5 hectares de vieux chardonnays, exclusivement situés sur le terroir de Quintaine, l’une des premières cuvées bio de Bourgogne.
Une adhésion à l’appellation Viré-Clessé sur le tard
Et, très vite, l’une des premières en biodynamie. La totalité du domaine est convertie en 1992. « À l’époque, dans le milieu de la bio, le raisonnement était de remplacer une tonne d’engrais chimique par une tonne d’engrais naturel. Ce n’était pas ce que l’on cherchait. Avec la biodynamie, on changeait complètement d’horizon ». Le couple s’inspire alors du Domaine de Saint-Laurent de Cluny, une référence de la biodynamie. Préparations à base de bouse de corne, traitements phytothérapeutiques issus de cultures maison, respect du calendrier lunaire… « Nous n’étions que quatre ou cinq vignerons de Bourgogne à pratiquer à l’époque ! ». Et les seuls dans le Mâconnais : les Montchovet, Rateau, Leroy ou encore Leflaive étaient tous en Côte-d’Or.