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publié le 07 mars 2018

Les Didiers, monopole des Hospices de Nuits

 

Les Hospices de Nuits-Saint-Georges sont propriétaires exclusifs d’un
des plus beaux terroirs de la commune : le premier cru Les Didiers, qui borde au sud le premier cru Les Saint-Georges, “seigneur” de Nuits, sur toute sa hauteur. Les Didiers est également un monopole de 2,4 hectares, propriété exclusive des Hospices. Situé sur la commune de Premeaux-Prissey, le secteur est réputé pour donner des vins structurés et typés. Idéalement exposé, le coteau homogène tourne légèrement vers le sud. Le sol est caillouteux, assez maigre. Sur une pente assez douce de 5 ou 6%, il ressuie rapidement après les pluies. Les raisins mûrissent sans difficulté et atteignent généralement de bons à très bons niveau de maturité, sans grand risque d’attaque de pourriture. Deux époques de plantation sont présentes : 1950 et 1981. Une sélection réalisée en fonction de l’âge des plants, donne trois cuvées : “Paul Cabet” (les plus jeunes vignes), “Jacques Duret” (assemblage représentatif de l’âge moyen du vignoble) et enfin la cuvée “Fagon” issue des vieilles vignes.

Textes : Laurent Gotti
Voici la dégustation sur quinze
millésimes de la cuvée “Jacques Duret”, réalisée dans le cadre du dossier sur le cinquantième anniversaire de la vente aux enchères des vins des Hospices de Nuits publié dans le numéro 98 de Bourgogne Aujourd’hui (février-mars 2011).

2009 (en fûts) – 18/20

Le nez est d’une superbe
complexité sur les fruits noirs, la réglisse et les épices. À l’aération, il
prend des notes de pivoine. Une chaire soyeuse, dense, gourmande se déploie en
bouche. Une pointe de fermeté en finale rappelle que nous sommes sur un beau
vin de garde.
2008 – 16/20

Le premier nez évoque des arômes
intenses de vanille, puis d’épices et enfin de fleurs rouges. Un beau volume
s’affirme à l’attaque en bouche avant de révéler une certaine rigueur, propre
au millésime. Un vin de repas, à garder patiemment pendant sept ou huit ans.
2007 – 15,5/20

Le processus d’évolution a
commencé : la robe présente des reflets un peu mats. Le nez évoque des
arômes de fruits confits. Une bouche souple, bâtie sur des tanins tendres, donne un
caractère moelleux, presque pâtissier.
2006 – 17/20

De complexes arômes épicés
montent au nez (clou de girofle, cannelle). La bouche surprend par sa
consistance, sa tenue. Voilà un vin profond, qui a de la mâche. Il a
indéniablement la charpente pour être gardé au moins cinq années de plus.
2005 – 16,5/20

Le nez est d’une grande jeunesse,
sur les fruits noirs, la réglisse. Il se fait toutefois un peu timide
aujourd’hui. Dans la même idée, la bouche est d’une grande harmonie mais un peu
serrée. Une école de
patience.
2004 – 13,5/20

Des arômes de fruits confits, de
sous-bois, de fourrure se déploient au nez. La bouche est équilibrée, ronde. Si
généralement 2004 est la marche périlleuse de toute dégustation verticale, ce
vin s’en sort honorablement, en tout cas sans déviation aromatique.
2003 – 15/20

Jean-Marc Moron avait pris soin
de raccourcir ses cuvaisons en 2003. Résultat : un vin charnu, riche mais
sans lourdeur ou sécheresse en bouche. Le nez offre des arômes de fourrure puis
de fruits confits avec également une pointe chocolatée.
2002 – 17/20

Un vin d’une grande élégance, harmonieux. Les tanins sont délicats. Autant de
qualités qui ne l’empêchent pas d’imposer une belle présence et une grande
longueur. Le nez évoque des arômes de mousseron et de sous-bois.
2000 (en magnum) – 14/20

Un nez, bien ouvert, évoque des
arômes de cerise à maturité. La bouche est d’une ampleur moyenne et se conclut
par une pointe de fermeté tannique. Ce petit manque d’harmonie entre la bouche
et le nez lui porte préjudice.
1999 – 17/20

La robe, rubis profond, est d’une
grande jeunesse. Le nez évoque la fourrure, la torréfaction, les épices. La
bouche est superbement structurée, les tanins sont présents, fermes mais sans aspérité. Une magistrale
profondeur.
1996 – 16,5/20

Un vin droit, précis, d’une belle
définition aromatique (des notes de fruits encore présentes !) comme dans
sa structure. Les tanins
sont serrés, mais aussi fins et soyeux. Les raisins ont visiblement été coupés
au bon moment dans ce millésime qui demandait de la patience.
1995 – 14,5/20

La robe présente des notes
tuilées, signe d’une évolution assez marquée. Le nez évoque des touches
torréfiées. L’attaque en bouche est ample puis les tanins se durcissent pour finir sur une certaine
sévérité. Un vin masculin.
1993 – 13,5/20

Le nez évoque le romarin et plus
généralement les épices. La bouche est marquée par des tanins anguleux, après une entrée en bouche
plutôt prometteuse. Un peu dur.
1991 – 16,5/20

Un vin de plaisir, qui séduit par
son milieu de bouche riche, croquant et puissant. Le tout se structure autour
de tanins raffinés. Le
nez évoque des arômes de cannelle et de sous-bois. Une gourmandise.
1990 – 19/20

C’est le bouquet final de cette
dégustation. La robe rubis brillante témoigne d’une évolution très lente. Le
nez a lui aussi gardé du fruit de sa jeunesse (cerise fraîche) avec en prime des arômes poivrés et de
sous-bois. La bouche est un modèle d’équilibre, de suavité et de plénitude. Une
longue finale replissée donne la touche de conclusion à cette superbe
bouteille.

Note : Les vins dégustés
étaient issus de la réserve des Hospices de Nuits. Rappelons que la quasi-totalité
des vins sont mis en bouteilles
par les négociants après achat aux enchères.

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