Accueil Actualités Hospices de Beaune : stop ou encore ?

publié le 21 novembre 2018

Hospices de Beaune : stop ou encore ?

 

Comme bien souvent avec les Hospices de Beaune, les pronostics n’ont servi à rien. Alors que l’avis général semblait orienté en fin de semaine dernière vers une relative stabilité des cours et bien un
nouveau record a été atteint
dimanche avec un montant de 13 968 750 € pour un total de 828
pièces.
Mais il faut également retenir que le prix moyen à la pièce de 228 litres a fortement grimpé de 19 % par
rapport à l’an dernier (+ 16,5% pour les rouges, +
20,5% pour les blancs). Une hausse qui démontre
l’intérêt toujours grandissant des acheteurs
étrangers, tout particulièrement des asiatiques, pour les grands crus et premiers crus de Côte-d’Or, mais aussi
pour ce millésime 2018 de très grande qualité aux Hospices de Beaune.La maison beaunoise Albert
Bichot a une fois de plus confirmé son rang de premier
acheteur. Elle a aussi largement dépassé son
record historique de 2017 (115 pièces pour un
montant de 1 746 600 d’euros) en acquérant pour le
compte de ses clients du monde entier, 161
pièces pour un montant de 2,8 millions d’euros,
soit 20% du total de la vente, en volume et en
valeur. Albert
Bichot, avec l’un de ses clients québécois, a
participé à l’achat des deux « Pièces des
Présidents », un Meursault 1er Cru Genevrières et
un Corton Grand Cru Clos du Roi qui ont été
adjugées à 230.000 €. Ce montant sera versé à
3 associations : l’association ASMAE créée par
Soeur Emmanuelle (aide à l’éducation et la
protection des enfants vulnérables dans le monde
entier), représentée par l ‘acteur Pascal Elbé ,
l’association BAB qui travaille en collaboration
avec l’hôpital Trousseau à Paris (accueil des
enfants atteints de cancers et de leurs familles),
soutenue par l’actrice Emmanuelle Béart et
l’Institut Pasteur (lutte contre les maladies
infectieuses et les cancers), parrainé par
l’actrice Nathalie Baye et l’écrivain et
académicien Erik Orsenna.
Bref, tout ceci est impressionnant, “vertigineux” même comme a justement titré lundi dernier le Bien Public, le quotidien de Côte-d’Or, dans son édition spéciale consacrée à la vente des vins. Le directeur des Hospices de Beaune doit se frotter les mains, comme la maison Christie’s, mais quelle image renvoie la Bourgogne dans cette affaire ? “Aujourd’hui, le moindre vin des Hospices de Beaune ou d’un grand domaine réputé est un vin de luxe. Les asiatiques se les arrachent et vous verrez que dans 10 ans il ne restera plus rien pour l’Europe”, nous confiait dimanche soir, à chaud, un collègue journaliste fin connaisseur des affaires bourguignonnes depuis de longues décennies. Difficile de dire si ce scénario se vérifiera, mais pourquoi pas après tout ? Qui aujourd’hui peut encore acheter un “simple” beaune premier cru des Hospices de Beaune à 70 ou 80 euros prix final la bouteille* ? Plus largement, qui aujourd’hui peut encore s’offrir un “simple” village dans une appellation “star” à 30 euros minimum la bouteille ? “C’est une bulle spéculative. Cela ne va pas durer. Les arbres ne montent pas au ciel”, commentait un autre confrère, toujours dimanche, dans la salle de presse.
Poursuite de la montée vers les étoiles, retour sur terre en douceur, avec fracas ? Si l’on tient compte du fait qu’après plusieurs petites années en volume qui ont perturbé l’équilibre entre offre et demande, la Bourgogne a désormais dans ses caves, deux millésimes de qualité, 2017 et 2018, soit, mais très abondants et chers, la réponse à notre question ne devrait plus tarder.

Christophe Tupinier

* Estimation faite en tenant compte d’un prix final à la bouteille deux fois supérieur au prix annoncé dans la salle sous le marteau du commissaire priseur (article joint).

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