Anciens cépages : une "solution" au réchauffement climatique ?

Ils ont pour noms tressot, arbane, troyens, sacy, peurion… Ils ont disparu, ou quasiment (on trouve encore un peu de sacy dans l’Yonne) du vignoble bourguignon où ils avaient pourtant toute leur place au XVIIIème siècle ; une multitude de cépages était alors couramment cultivée dans la région et ce n’est que dans le cadre des replantations post-phylloxéra que la Bourgogne s’est quasiment spécialisée dans le pinot noir, le chardonnay et à un degré moindre l’aligoté et le gamay. Dans le cadre d’un projet lancé en 2012 par le Groupement d’Étude et de Suivi des terroirs (GEST), un conservatoire leur est dédié sur les hauteurs de Beaune depuis 2016 ; quarante-quatre cépages ont déjà été plantés (d’autres vont arriver) sur une vingtaine d’ares et à partir de 2020, ils vont être suivis et « comparés » en un même lieu avec des pieds « témoins » de pinot noir et de chardonnay ; l’objectif est notamment de tester leur « résistance » à la chaleur et leur capacité à garder de l’acidité dans ces millésimes extrêmes. « Nous avons encore le temps d’expérimenter différentes voies pour offrir demain à nos enfants des solutions si le réchauffement climatique s’aggravait, mais il faut s’y mettre aujourd’hui », estime Jean-Claude Rateau, vigneron à Beaune et ancien président du GEST. À noter que différents porte-greffe sont également expérimentés, qui selon leur vigueur et leur précocité pourraient aussi apporter des solutions aux bouleversements climatiques.

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