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publié le 05 décembre 2019

2019 : il n’y en aura pas pour tout le monde !

 

Sauf retournement spectaculaire des marchés, il ne devrait pas y avoir de 2019 pour tout le monde. C’est bien dommage, car les vins sont bons, voire très bons, mais c’est ainsi. La nature avait été historiquement généreuse en 2018 (article ci-joint) et elle a fait tout l’inverse en 2019 ; avec 1,2 million d’hectolitres environ il devrait même s’agir de la plus faible récolte depuis 2003, année du gel et de la canicule. En 2019, la Bourgogne a également connu le gel et la canicule, mais aussi une très mauvaise floraison et la sécheresse. Bref, tout est allé de travers et voilà le résultat.
Au final : “La récolte 2019 serait ainsi la plus
faible depuis vingt ans à l’exception de 2003 car, au contraire d’autres
millésimes de petites récoltes (2012, 2013, 2016), toute la Bourgogne a
été touchée : sévèrement au Sud et un peu moins au Nord”, précise le bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne. Ajoutons : un peu plus en chardonnay et un peu moins en pinot noir. Le chardonnay était en effet en avance sur le pinot noir lors de la fameuse nuit de gel du 5 avril et il en a davantage souffert. Précisons enfin que selon le dispositif de VCI (volume compensatoire individuel) permettant de commercialiser les années suivantes un “surplus” d’une année productive mais de qualité (en l’occurrence 2018) cela portera les volumes commercialisables aux
environ de 1,3 million d’hectolitres… Mais, mais, tout ceci est à relativiser ! Même si la législation autorise l’assemblage de deux millésimes dans la limite des 85-15 (85% de 2019 et 15% de 2018 en théorie), la culture bourguignonne ne va pas dans ce sens. Les VCI de 2018 (surtout demandés en cépage chardonnay) seront donc majoritairement vendus sous le millésime 2018, mais disons qu’il permettront de mieux faire passer commercialement la pilule du millésime 2019. En espérant avoir été clair, avec les finesses d’une législation qui nous échappent parfois…
Et les prix dans tout cela ? Excellente question ! Disons que dans le contexte économique mondial (taxes aux USA, Brexit, Hong-Kong) et national actuel pour le moins “tendu”, une abondante récolte 2019 (la troisième de suite après 2018 et 2017) aurait probablement imposé quelques “réajustements” au niveau des prix, au moins pour les AOC régionales, villages et certains premiers crus. Mais il n’en est rien, ce “petit” (en quantité, vous l’avez compris) millésime 2019 pourrait au contraire permettre de préserver un certain équilibre entre la demande et l’offre et permettre aux Bourguignons de maintenir leurs tarifs élevés. Le conditionnel est toutefois de rigueur et les prochains mois vont nous permettre d’en savoir un peu plus sur ce point.Christophe Tupinier

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