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publié le 08 juin 2022

Millésime 2022 : c’est reparti pour un tour ?

Stade “petits pois” le 6 juin en Volnay premier cru Clos des Ducs.

 

 

« C’est bien simple, les dates de mi-floraison de 2022 n’ont que quelques jours de retard sur celles de 2020, qui était un millésime très précoce ; et elles sont homogènes entre les cépages et les régions viticoles », explique Christine Monamy, responsable agro météo et des observatoires de l’interprofession de Bourgogne (BIVB). Mi-floraison en chardonnay dans l’Yonne le 30 mai, en Côte de Beaune le 24, en Côte Chalonnaise le 27, dans le Mâconnais les 26-27, en pinot noir en Côte de Beaune et Côte Chalonnaise le 28… A ce jour, le vignoble se présente en ordre très groupé et c’est la conséquence du temps chaud et sec qui règne sur la région depuis le début d’année. Les températures affichent en effet un excédent (moyenne des trois départements de l’Yonne, Côte-d’Or, Saône-et-Loire) de +2,3° en février, +1,3° en mars, +0,13° en avril. Et le mois de mai a amplifié la tendance avec 3° de plus que les normales ; Météo France parle au plan national du mois de mai le plus chaud et sec depuis 1959. Côté pluviométrie, le déficit sur les cinq premiers mois de l’année était à fin mai de 40% en Saône-et-Loire et dans l’Yonne et de 25% en Côte-d’Or.

 

50% d’ensoleillement en plus en mai

 

Un peu plus au sud, dans le Beaujolais, Florence Hertaut, responsable de l’équipe viticulture à la Chambre d’agriculture du Rhône, fait le même constat, avec un début d’année chaud, sec, également 3 degrés de plus que les normales en mai, 34 petits millimètres de pluie sur le mois contre 89 en année normale et 50% d’ensoleillement en plus (307 heures contre 213 en moyenne).  “Avec une fin de floraison les 27-28 mai, c’est l’un des millésimes les plus précoces de ces dernières décennies, plus précoce même que 2020”, ajoute F. Hertaut.

Notons quand même que si la probabilité de voir les vendanges débuter une fois de plus en août est très forte, le paramètre sécheresse pourrait avoir un effet de ralentissement, voire de blocage de la pousse en cas de températures très élevées, mais nous n’en sommes pas encore là. Un autre paramètre à prendre en compte dans la date des futures vendanges est celui des rendements ; la réaction physiologique de « compensation » de la vigne déjà observée par le passé (1982, 1991…) après une année de gel, se vérifie une fois de plus en 2022 et la production s’annonce « généreuse » partout et ce même dans les zones moins gelées en 2021. La vigne a plus de facilité à mûrir quarante hectolitres par hectare que cinquante ou soixante, qui plus est dans un contexte climatique marqué par la sécheresse. Tout est lié…

 

2022 se présente bien

 

Dans une conjoncture économique marquée au fer rouge par le manque de vin lié au gel de 2021, par une explosion des cours en vrac en Bourgogne, mais aussi dans le Beaujolais (quasi doublement des cours en vins nouveaux) et parfois des prix des bouteilles, 2022 se présente très exactement comme l’espéraient les producteurs : un millésime parti sur de très bonnes bases, précoce, avec des vignes dans un bon état sanitaire, sans maladie, sans accident climatique notable à ce jour (gel ou grêle), avec un potentiel de récolte « prometteur ».

Prochaines étapes, la véraison (début de la phase de maturation) vers la mi-juillet et les premiers prélèvements de maturité fin juillet, début août. Une fois de plus, l’été sera court pour les vignerons…

 

Texte et photographies : Christophe Tupinier

 

 

 

 

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