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publié le 14 avril 2016

2 000 hectares grêlés dans le Mâconnais !

 

Des coteaux blancs, comme couverts de neige en plein hiver et tranchants avec le noir du ciel, des rues remplies de grêlons… “On aurait pu passer le chasse-neige”, assure Mme Gonon, vigneronne à Vergisson, la voix encore tremblante près de 24 heures après l’orage. Les crus du sud-Mâconnais (Pouilly-Fuissé, Loché et Vinzelles, Saint-Véran – 71) ont connu hier après-midi, entre 15 h 30 et 16 h 00, un épisode de grêle “historique” par la période à laquelle il intervient, par sa durée, 15 à 20 minutes, son intensité, les témoins parlent de grêlons de 1 à 2 centimètres de diamètre et par son étendue. Souvent en Bourgogne, les orages de grêle d’été suivent un couloir relativement étroit de quelques centaines de mètres de largeur ; rien de tel hier et on peut même estimer que près de 2 500 hectares de vignes ont été plus ou moins touchés sur une distance nord-sud de 7-8 kilomètres entre Prissé au nord et Chânes au sud pour le Mâconnais, voire Juliénas encore plus au sud dans le vignoble du Beaujolais.
Arrivé du sud-ouest, l’orage a d’abord frappé les crus de Juliénas et Saint-Amour, où les dégâts semblent limités (les vignes de gamay étaient moins avancées) avant d’aborder les chardonnays du Mâconnais sur les communes de Chasselas, Leynes (AOC Saint-Véran) et Solutré-Pouilly (Pouilly-Fuissé). Dans ces villages situés en première ligne, les premières estimations font état de 80 à 100% de bourgeons arrachés ou tailladés ; précisons que la vigne n’en était, en cépage chardonnay, qu’au débourrement avec les premières petites feuilles apparentes dans les secteurs les plus précoces. “En allant vers le nord et vers l’est, il semblerait que la grêle se soit un peu délitée”, explique Kevin Tessieux, vigneron à Davayé (Domaine des Deux Roches) et président du cru Saint-Véran, qui précise que même dans les secteurs relativement épargnés : “20 à 40% des bourgeons sont néanmoins touchés”.A peine né, le millésime 2016 est-il déjà compromis dans le sud du Mâconnais ? En partie, oui, celle semble être une évidence.”Dans le cas d’un bourgeon arraché, il y a toujours derrière un deuxième bourgeon, mais moins fructifère que le bourgeon principal. Ces deuxièmes bourgeons devraient sortir mais en produisant moins,” explique Romain Cornin, vigneron à Chaintré (Pouilly-Fuissé), qui poursuit : “quand les petites feuilles ont été coupées ou déchirées, il faudra voir dans quelques jours si elles sèchent ou pas”. Le chiffrage exact des pertes de récolte ne pourra donc pas se faire avant plusieurs semaines, mais il est déjà sûr cette date du 13 avril 2016 va rester longtemps dans la mémoire des vignerons du Mâconnais.

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