Accueil Actualités 2005 à l’honneur pour la Fête des Crus du Beaujolais ce week-end !

publié le 25 avril 2014

2005 à l’honneur pour la Fête des Crus du Beaujolais ce week-end !

 

Régnié RONZE

Un seul climat est revendiqué à régnié,
le dernier-né des crus (décembre 1988), un climat posé sur un terroir
d’altitude (350 mètres), sur un plateau incliné au sud/sud-est. L’Ardières, un
affluent de la Saône en longe une partie et met en valeur, sur une cinquantaine
d’hectares, un granit rose alternant des couches limoneuses et argileuses. En jeunesse, les vins expriment au nez la
finesse des fruits rouges frais. La cerise en tête lui donne aussi sa
robe, puis la framboise et la groseille jouent avec les papilles. Dégusté à
maturité, le jus se fait pourpre, évolue vers des arômes chauds de cacao et
prend de l’épaisseur en bouche. Ce secteur à plus de potentiel que la moyenne
de l’appellation et ne supporte pas la dilution.

Fleurie LES MORIERS

On trouve dans Les Moriers le type même
du granit délité en surface. Étageant ses quarante hectares entre 450 et 100
mètres d’altitude, le lieu est exposé au nord/nord-est et fait face au climat
de La Rochelle sur Moulin-à-Vent. Au sommet, les racines trouvent l’argile à
trente centimètres seulement. Le coteau descend en douceur pour finir sur un
sol de cristaux d’orthose au rose sablonneux. La  garde est un atout pour Les Moriers. Sur 2008, les vins présentent un fruité
tendre, avec une finale fraîche presque désaltérante par sa vivacité. Sur 2005,
apparaissent les fragrances aériennes typiques de violette et d’iris avec une
grande vinosité. Les 2000 ont conservé ce style avec des notes fraîches et
reglissées en finale. 

Fleurie LA MADONE

La Madone tourne ses 60 hectares autour
d’un mont (435 mètres), lui-même surplombé d’une chapelle. Son sol de granit
rose est qualifié de “granit de Fleurie”. De couleur noire au sommet (surtout
sur le versant sud) et associé au porphyre, il se délite jusqu’en bas pour
finir en argiles. Il est à noter que sur le cru Fleurie, pas moins de
quarante-quatre profils de sols ont été analysés et treize climats sont
répertoriés. Même avec 150 producteurs recensés, cette diversité n’est pas
assez revendiquée sur les étiquettes. Comme la bonne mère protégeant son fils
gamay, la Madone tient ses rivaux à distance. Des trois terroirs de Fleurie, c’est
celui qui affiche la plus forte personnalité. Ses vins sont sapides, avec un
tanin velouté dès les premières années. Passé cinq ans, dans un grand millésime
(2005), leur construction peut en remontrer aux voisins bourguignons. 

Fleurie GRILLE MIDI

Comme son nom le laisse à penser on
“grille” ici quand le soleil est au zénith. D’autant que cette cuvette de
vingt-cinq hectares agit comme un four prenant le soleil du matin au soir. Côté
sol, on se retrouve complètement sur le granit rose de Fleurie qui se délite et
finit par un sol sec et pierreux par endroit. L’altitude oscille entre 150 et
350 mètres.

Morgon LES CHARMES

La roche rose se délite en petits
cailloux mais aussi en micas et schistes altérés sur un plateau au fond
argileux, plutôt profond, couvrant… 253 hectares. Cette similitude géologique
argileuse se retrouve d’ailleurs dans les “Charmes” bourguignons. Ne dit-on pas
du Charmes qu’il est le morgon des palais fins ? Le vin se montre de prime
abord souple, suave, gourmand et ne”morgonne” pas encore dans un millésime
comme 2008. Il flatte le palais, mais n’est pas pour autant dénué de matière
minérale. Le jus sucré du gamay parle dans les millésimes “chauds”, comme 2000
et 2005. S’il peut être élevé dans le fût de chêne, il doit l’être avec
beaucoup de discernement.

Morgon GRANDS CRAS

C’est une terre née des granits roses et
bleus, ainsi que de schistes altérés. Son terroir s’étale en longueur et glisse
en direction de la Saône sur un plateau sablonneux de colluvions. Le climat
revendique 152 hectares en production. Charnu, plein d’épices et de notes
florales (rose et pivoine), un Grand Cras vit en jeunesse le gamay à plein
fruit même s’il ne tient pas pleinement sur la distance. Après six années de
bouteilles (2005), il reste onctueux, presque gras. 

Morgon CÔTE DU PY

Avec ses 287 hectares, ce climat est le
porte-drapeau du cru morgon, mais aussi de l’identité du Beaujolais tout en étant
le plus vaste. Tout producteur rêve et cherche à avoir du Côte de Py à
vinifier. A son sommet (352 m), la célèbre roche “pourrie”, car grisâtre, se
délite en même temps qu’elle descend sur les pentes, finissant sur une argile
compacte. Le sommet des climats de Morgon est paré
de cette fraîcheur mature qui ne ressemble à aucune autre. Suivant
l’orientation, on le trouve, dense et épais avec une dimension minérale plus ou
moins marquée, et souvent une finale saline et racée. Jeune, il se montre
séveux, à la limite de l’austérité. Il conserve son jus de cerise burlat en
vieillissant. Le minéral (graphite et basalte) ressort avec le temps. 

Moulin-à-vent LA ROCHELLE

Le petit mont (350 mètres) de “La
Rochelle” (petite roche) fait face, sur l’est, à l’unique et réputé
moulin-à-vent qui a donné son nom au plus bourguignon des crus. Comptant
environ trente hectares, le mont s’offre aux quatre expositions de la rose des
vents sur des coteaux en pente plus douce côté sud et plus accentuée en allant
vers le nord. Le granit se mêle au manganèse pour faire des cailloux “lardés”
sur trente centimètres d’une terre très tendre, avant de toucher la roche
cristalline. Ce climat est le sommet du cru
Moulin-à-Vent… et peut-être celui du Beaujolais. Grâce à la fraîcheur, la
pureté, associée à la richesse, les vins portent en eux ce caractère digeste
qui connaît peu d’égal dans ce cépage. Vinifié à maturité, le gamay
s’anoblit au fil du temps et prend des airs de grands de Bourgogne avec un
remarquable potentiel de garde

Moulin-à-vent CHAMP DE COUR

Répartis sur environ trente hectares sur
un plateau autour de 100 mètres d’altitude, alluvions, colluvions et rognons de
roches descendus successivement de Rochegrès et de La Rochelle composent un sol
varié, très drainant. Quelques zones sont plus argileuses et sous une surface
sablonneuse, la terre devient “amoureuse de vos semelles”. Le côté argile, massif, explose dans les
vins avec un fruité musclé. Voici un gamay qui “déménage” le palais par sa
jeunesse. Le volume épicé se mesure sans complexe au bois neuf dans un
millésime chaud comme 2005, ou vigoureux comme 2008. Champ de Cour donne
également des vins qui vieillissent avec noblesse.

Moulin-à-vent ROCHEGRES

Sur la commune de Chénas, les ceps
regardent dans une direction ouest/sud-ouest. Le climat Rochegrès s’étale sur
trente hectares, en haut de coteau, longeant sa colline éponyme. Ici, les vignes ne connaissent pas le
sens du mot horizontal. à peine le sol est-il travaillé, que l’on flirte déjà
avec la roche cristalline. Sur ce climat, le gamay se fait sapide et les
arômes d’élevage apportés par le fût de chêne se marient bien à son âme minérale. A maturité, les tanins se patinent et accrochent la réglisse. Même si tous les
millésimes étaient représentés, par des domaines de qualité, il faudrait encore
davantage de producteurs pour mettre en valeur ce grand terroir pour le gamay.

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