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publié le 03 novembre 2014

A votre santé Hubert !

 

“Comment allez-vous Hubert” ? Précisons d’emblée qu’Hubert de Montille faisait partie de ces gens que l’on appelle par leur prénom quand on a la chance de les avoir côtoyé un peu, mais tout en continuant de les vouvoyer. Une simple question de respect… Pour en revenir à cette question très banale que nous lui avions posé il y a quelques semaines, alors qu’il était attablé au restaurant l’Amarone, à Beaune, Hubert de Montille nous avait répondu par un “écoutez cela pourrait aller plus mal” ; le tout en ouvrant largement les bras comme pour signifier qu’il avait autour de lui ce qu’il aimait, une bonne table, des amis, une bonne bouteille, sentant sans doute confusément que l’histoire allait toucher à sa fin et qu’il fallait continuer d’en profiter jusqu’au bout.
Hubert de Montille, grand avocat (affaire du petit Grégory, affaire Faiveley contre Parker…), grand acteur sans le savoir (c’est bien lui la vedette du fameux film Mondovino, de Jonathan Nossiter), grand vigneron à Volnay (Côte de Beaune – 21), nous a donc quitté ce week-end, au beau milieu d’un repas, un verre de pommard premier cru Les Rugiens 1999 à la main, quelques jours après avoir fêté son 84ème anniversaire. Nous n’allons certainement pas nous lancer dans des éloges dont ce “penseur libre”, sage, épicurien notoire, profondément sceptique sur le monde qui l’entourait, n’aurait pas voulu. Disons simplement que quand le bateau bourguignon tanguait sérieusement dans les années 60 et 70, il a fait partie des rares membres de l’équipage à savoir garder le cap. Ses vins étaient à son image, concentrés, racés, mais un peu carrés, bruts. “Je n’aime pas les vins de gonzesse”, nous avait-il dit un jour le plus sérieusement du monde (quoique…) et il le démontrait clairement à chaque millésime. Autant dire que quand son fils Etienne a pris les commandes du domaine familial au milieu des années 1990 avec l’ambition de produire des vins “un peu moins durs dans leur jeunesse”, le patriarche n’a pas adhéré facilement à cette nouvelle politique. Les rapports père-fils ne sont jamais simple…
A titre personnel, nous garderons longtemps le souvenir de quelques fins d’après-midi assis à la terrasse de sa maison, à Volnay, à déguster de vieux volnay Taillepieds ou pommard Rugiens, 1976, 1978. Des millésimes solides, “mais un peu durs dans leur jeunesse”, comme les aimait Hubert de Montille. Nous posions des questions probablement plus basiques les unes que les autres et Hubert de Montille prenait pourtant le temps d’y répondre patiemment. Ce sont là des moments précieux quand on est un jeune journaliste qui commence dans la vie. Encore merci Hubert !Christophe Tupinier
PS : Retrouvez ci-dessous l’interview qu’il nous avait donné dans le numéro 63 de Bourgogne Aujourd’hui.

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