Accueil Actualités Beaujolais / Beaujolais-Villages 2016 : La “pause” 2016 !

publié le 27 septembre 2017

Beaujolais / Beaujolais-Villages 2016 : La “pause” 2016 !

 

Coincé entre l’exceptionnel millésime 2015 et 2017 qui s’annonce également en
taille XXL, 2016 va avoir du mal à faire son trou et c’est dommage.
« J’adore 2016, au moins cette année-là nous avons fait du beaujolais », commentait
même un vigneron rencontré récemment, voulant dire par là que les millésimes caniculaires et leurs
cortèges de 14 degrés naturels, « cela commençait à bien faire ». Rien
de tel en ce qui concerne 2016 où nous avons bien à faire à un beau millésime
classique et même un « classique + », récolté fin septembre après
deux beaux mois chauds et ensoleillés ;
les vins rouges, et blancs également, sont riches, consistants (les 13 degrés
naturels étaient fréquents dans les beaux secteurs), mais sans
« excès » et bien équilibrés.

Qui dit « classique » dit souvent « hétérogène » et le
millésime l’est en effet mais pas tant que cela. Les pourcentages de réussite
(lire guide d’achat) sont bons, voire très bons en AOC Beaujolais-Villages même
s’il est clair qu’en raison de rendements plus généreux, le sud Beaujolais
(région de l’appellation Beaujolais) a produit des vins qui globalement (les
exceptions existent…) n’ont pas la consistance des beaujolais-villages récoltés un peu plus au nord
au Perréon, à Vaux-en-Beaujolais, Blacé, Salles-Arbuissonnas, Lantignié ou
encore Saint-Étienne-des-Ouillières.

Si nous citons ainsi quelques noms de communes productrices de beaujolais-villages, c’est
qu’il va peut-être falloir vous habituer à les voir figurer en toutes lettres sur les étiquettes et
ce dans un avenir proche. Dans l’objectif de mieux clarifier l’offre entre vins
nouveaux et de garde, l’ODG des appellations régionales va proposer dans
quelques semaines au comité régional de l’INAO une « modification mineure
des règles d’étiquetage » ; son objectif est de permettre aux
producteurs de beaujolais-villages
de garde (les vins nouveaux sont exclus de la réforme) de bien mettre en avant clairement
le nom de la commune de production, tout en le détachant de la mention « Beaujolais-Villages
appellation d’origine contrôlée » qui devra toutefois figurer dans le même
champ visuel. Ces
nouvelles règles d’étiquetage pourraient être opérationnelles pour la récolte
2018 et elles nous semblent potentiellement passionnantes pour le consommateur.
Avec les villages cités ci-dessus et les autres (trente communes sont concernées au total), on a à faire
à de vrais vignobles de coteaux souvent abrupts, avec des différences marquées de sols, d’altitudes,
d’expositions… Le consommateur y trouvera donc des vins très différents, et ce, indépendamment, des nuances liées aux
producteurs.

Un autre dossier
avance, celui du « Beaujolais Pierres Dorées », dont le potentiel est
de 1 500 à 2 000 hectares (aux trois-quarts en vins rouges). À l’image de ce que l’on peut
trouver en Bourgogne pour les
bourgognes hautes-côtes de nuits ou de beaune et bien, les vignerons du sud Beaujolais
ont demandé une DGC (Dénomination
Géographique Complémentaire) « Beaujolais Pierres Dorées »
pour les vins rouges (hors vins nouveaux là aussi), blancs et rosés. Le dossier
va rentrer dans sa phase officielle d’instruction avec nomination par l’INAO
d’une commission d’enquête. Le cahier des charges devrait introduire, pour les
rouges surtout, des conditions de production plus contraignantes, en termes de
rendements et de degrés minimum notamment, et l’obligation de ne pas mettre les
vins en vente avant le 15 mars de l’année suivante. Comme pour les beaujolais-villages, cette volonté
de « premiumisation » de la production est porteuse d’espoir pour
cette région magnifique du sud Beaujolais. Tout le travail des uns et des
autres sera maintenant de convaincre les producteurs d’aller vers cette
démarche, sans les contraindre, et en commençant par le début :
revendiquer « Beaujolais Pierres Dorées » sur leurs étiquettes, ce qui est encore rare sur le
millésime 2016.Christophe Tupinier
Retrouvez dans Beaujolais Aujourd’hui n°19 (supplément gratuit à Bourgogne Aujourd’hui) la suite du dossier sur les Beaujolais et Beaujolais-Villages : un guide d’achat de 160 vins du millésime 2016 à partir de 5 € la bouteille et la démarche ambitieuse initiée par les vignerons de Lantignié pour “monter en gamme” et obtenir un jour, peut-être, un classement en cru.

D’autres articles qui pourraient vous intéresser

Ève et Erwan Faiveley dans la cuverie de la maison, à Nuits-Saint-Georges.

Révolution en douceur chez Faiveley

Changement de style, rénovation des cuveries, investissements à Chablis, aux USA, dans l’art… Erwan Faiveley, en 2005, et sa sœur Ève, en 2014, ont succédé à leur père François à la tête de la maison nuitonne éponyme et ils n’ont pas perdu de temps…

29 juin 2022

Générateur anti grêle à vortex.

Grêle : la Bourgogne a-t-elle l’arme absolue ?

La Bourgogne et le Beaujolais n'ont pas été épargnés par la grêle cette année, mais si les deux régions ont, pour l'heure, beaucoup moins souffert que d'autres, elles le doivent sans doute à leur réseau de générateurs anti-grêle. L'arme absolue ?

24 juin 2022

Botte de paille dans les vignes, à Chapaize, dans le Mâconnais.

Comme un fétu de paille !

Après le gel, la grêle. Pour l'heure la Bourgogne et le Beaujolais s'en sortent "relativement" bien, mais le bout du chemin est encore loin.

22 juin 2022

Nos derniers magazines