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publié le 20 septembre 2017

Bravo Marc !

 

Chez Bourgogne Aujourd’hui, on travaille même le week-end ! La conscience professionnelle nous a donc conduit il y a quelques jours à déboucher une bouteille de Saint-Aubin premier cru blanc Les Cortons 1997 du domaine Marc Colin lors d’un sympathique déjeuner dominical, pour accompagner un plat de cuisine Thaï. Connaissant le domaine, la qualité de ses vins et l’énorme potentiel des meilleurs terroirs de Saint-Aubin (Côte de Beaune – 21), nous n’étions pas vraiment inquiets, mais le millésime n’est pas resté (à tord, nous allons y revenir…) dans les annales et puis sait-on jamais avec une bouteille de 20 ans, même conservée dans les bonnes conditions d’une belle cave voutée beaunoise. Non seulement nous n’avons pas été déçus, mais le vin a même franchement impressionné les convives. Un magnifique vin blanc de Bourgogne à maturité, à la robe dorée encore très jeune. Au nez, les arômes précis, charmeurs, fins, de fruits jaunes confiturés, d’épices, de noisettes grillées, évoquent des raisins récoltés à bonne, voire très bonne maturité et sains. En bouche, beaucoup de douceur, de gourmandise, de richesse, mais aussi d’élégance. A noter que l’accord met et vin était très agréable avec le plat Thaï (curry de saumon) légèrement épicé.
Nous avons donc voulu en savoir un peu plus avec le vigneron et quel ne fut pas notre plaisir d’entendre hier matin au téléphone la voix bien bourguignonne, toujours aussi chaleureuse, de Marc Colin. Aujourd’hui âgé de 73 ans, bon pied, bon oeil, il fait partie de ces précurseurs qui ont marqué leur époque et ses enfants* ont repris le flambeau avec brio. “Mais Marc, comment expliquez-vous que ce Saint-Aubin 97 ait aussi bien vieilli ? Quel était votre secret ?”, lui avons nous demandé. A question bête, réponse pleine de bon sens paysan : “Vous vous doutez bien qu’il n’y en a pas. Il faut juste faire les choses dans l’ordre”, assure Marc Colin.Commençons donc par le début : la vigne et le terroir. Le premier cru Les Cortons de saint-Aubin est un climat aux sols “pauvres” et peu profonds, avec des pentes douces, qui borde le premier cru Châtenière. La vigne qui a donné ce magnifique 97 était toute jeune, puisqu’elle avait été plantée en 90 ; voila déjà qui met à mal la grande théorie qui voudrait que seules les vieilles vignes donnent des vins à même de bien vieillir. Précisons quand même que le domaine avait planté ses 30 ares de Cortons avec une sélection de plants fins de chardonnay produisant des rendements raisonnables ; ceci explique cela… En chardonnay, en pinot noir, en gamay, en syrah, en merlot… les vignes jeunes plantées en plants fins peu productifs donnent de meilleurs raisins, donc de meilleurs vins que les vieilles vignes plantées en “gros plants” productifs. C’est dit !
EN 1997 (c’est toujours le cas aujourd’hui), le domaine Colin vendangeait à la main et sans chercher les surmaturités. “A l’époque Parker faisait la loi et beaucoup récoltaient des raisins très mûrs pour produire des vins riches et gras. Je cherchais des raisins mûrs mais pas trop et surtout bien équilibrés entre sucre et acidité”, assure le vigneron.
Des raisins mûrs… Mais au fait qu’en est-il du millésime 1997 en chardonnay ? La lecture du numéro 19 de Bourgogne Aujourd’hui nous rappelle que les vendanges s’étaient déroulées dans d’excellentes conditions (temps chaud pour la saison) à partir du 20 septembre environ et le millésime s’annonçait très prometteur en blanc, un peu moins en rouge.
En matière de vinification et d’élevage, Marc Colin rappelle quelques vérités toujours utiles à avoir à l’esprit. “Dans la mesure où nous vendangeons à la main, nous avons de beaux raisins propres, pas abimés, sans trop de jus, de bouillie au fond des bennes. Après un pressurage doux, cela nous permet de ne quasiment pas débourber les jus et de les mettre en fûts avec le maximum de lies. La lie, c’est le point de départ, l’ABC du vieillissement d’un vin. Ce 1997 avait ensuite été élevé en fûts de chêne (dont 30% de fûts neufs) avant d’être mis en bouteilles juste avant la récolte suivante”, ajoute Marc Colin, avant de conclure. “Avec les vins, le plus important est de faire simple. Le moins on en fait, le mieux c’est !”Marc Colin ne nous en voudra pas de garder le mot de la fin pour affirmer notre intime conviction que si un vin blanc de Bourgogne peut être très agréable dans sa jeunesse, sur sa fraîcheur, son fruit, c’est quand même autre chose au bout de 20 ans !
Christophe Tupinier* Joseph ayant décidé de voler de ses propres ailes à compter de ce millésime 2017, le domaine Marc Colin comptera désormais 12 hectares ; il sera conduit par Damien Colin et sa soeur Caroline.

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