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publié le 28 avril 2016

Et maintenant, le gel !

 

L’orage de grêle du 13 avril dans le sud du Mâconnais (71) avait marqué les esprits (article ci-joint) et le gel a pris le relais hier matin, 27 avril, là aussi sur une très vaste zone qui couvre en
fait le reste de la
Bourgogne, de Chablis (89) au nord, à la Côte Chalonnaise en partie (71)
au sud, en passant par la
Côte-d’Or (21) ; le Mâconnais a cette fois été épargné
comme d’ailleurs le Beaujolais. Partout, les températures sont
descendues entre -1 à -3 degrés en moyenne, ce qui n’a rien d’extrême,
d’exceptionnel à cette période de l’année. Seulement voilà, couplées à une forte humidité ambiante (il
a plu et parfois même neigé la veille), à un stade (une à trois feuilles étalées) où la vigne est
très fragile, aux niveaux d’avancement dans les travaux de la vigne, à la quasi absence
de vent et à un fort rayonnement au lever du jour, ces -1 à -3 degrés ont fait des
ravages, à tel point que certains techniciens et vignerons parlent du pire gel
depuis 1981.

Chablis est en partie seulement (moins de
1 000 hectares sur les 5 500 du vignoble) protégé du gel par
différents systèmes (chaufferettes, aspersion d’eau…), en premiers crus et
grands crus essentiellement et l’on peut penser que ces zones n’ont pas été
trop fortement affectées ; ailleurs à Chablis et dans l’Yonne c’est une
autre histoire. Les autres vignobles de Bourgogne ne bénéficient pas de ce type
d’équipement et c’est là, en Côtes
de Nuits et de Beaune, dans les Hautes-Côtes, en partie en Côte Chalonnaise (le village de Rully qui borde la Côte de Beaune est touché mais beaucoup moins le reste de la Côte Chalonnaise), que les dégâts sont les plus
importants, avec néanmoins des variations très importantes selon les coteaux,
les parcelles, etc. Ce 27 avril au matin la Bourgogne a dû affronter un gel de
type hivernal, qui prend l’ensemble du coteau de haut en bas (à l’inverse des gelées
printanières par rayonnement qui touchent surtout les bas) et il semblerait,
conditionnel de rigueur, que les bas et les hauts de coteaux aient un peu
partout été les plus touchés, alors que les dégâts sont plus variables dans les
milieux de coteaux.

Est-il pour autant déjà possible d’évaluer la perte globale pour la future
récolte ? Non ! Pour tous les vignerons et techniciens contactés, des
bourgeons secondaires vont peut-être se développer (quand ils n’ont pas gelé) dans les prochaines
semaines, compensant en partie seulement la perte. Il a fait froid pendant plusieurs nuits, alors même dans les secteurs épargnés, des raisins vont-ils “filer” comme disent les vignerons ? Le passage de la floraison aura aussi
une grande importance. Il est donc trop tôt pour faire le bilan, mais sans trop
de risques de se tromper, on peut déjà annoncer que les caves ne seront pas
pleines des vins du millésime 2016. Dans un contexte de grande tension sur les
cours des vins, ce n’est une bonne nouvelle pour personne.

Christophe Tupinier

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