Accueil Actualités Flavescence dorée, un vigneron devant les tribunaux !

publié le 22 novembre 2013

Flavescence dorée, un vigneron devant les tribunaux !

 

Emmanuel Giboulot, vigneron en Côte de Beaune, est un garçon calme, mais il ne faut pas le chatouiller dans ses convictions. Le garçon fait partie de ce que l’on appeler la mouvance bio historique de Bourgogne puisque son domaine est converti à la biodynamie depuis le milieu des années 80. Que les donneurs de leçons ne se fassent pas de fausses idées. Emmanuel Giboulot ne fait pas partie de ces post soixante-huitards attardés ; c’est au contraire quelqu’un de posé et il a donc du y réfléchir à deux fois avant de refuser de pratiquer le traitement insecticide obligatoire décrété, pour 2013, par arrêté préfectoral, afin de lutter contre la maladie de la flavescence dorée en Côte-d’Or (3 traitement étaient obligatoires en Saône et Loire cette année). Ce refus “d’obtempérer” en quelque sorte lui a donc valu une convocation le 12 novembre dernier devant le délégué du procureur de la République ; la comparution a été repoussée à une date ultérieure à la demande d’Emmanuel Giboulot qui dans l’affaire risque 30 000 euros d’amende et 6 mois de prison.
La flavescence dorée est une maladie dangereuse, au caractère épidémique virulent et qui doit être prise au sérieux. Pour autant, Emmanuel Giboulot a-t-il été le seul à refuser ainsi de respecter la loi ? Nous en doutons très fortement d’après les échos qui nous sont parvenus du vignoble, mais peu importe finalement. L’essentiel est ce que nous apprend l’attitude de ce vigneron sérieux et respecté dans la profession. Elle nous apprend que pour beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui aux commandes des domaines, convertis ou non à la viticulture biologique, cette obligation officielle de pratiquer ces traitements insecticides a été un profond déchirement, teinté d’incompréhension et de doutes importants sur la pertinence et l’efficacité des mesures qui leur étaient imposées. Des doutes alimentés par l’expérience vécu par leurs confrères dans d’autres régions viticoles (Bordeaux, sud de la France…) ; confrères qui pour certains traitent à l’insecticide chaque année, depuis 10 ou 20 ans, sans avoir “éliminé” la cicadelle et donc sans voir le bout de cette fichue maladie de la flavescence dorée. Les responsables professionnels et les préfets feraient bien d’en tenir compte quand au printemps printemps ils donneront leurs consignes de lutte contre la flavescence pour la campagne 2014.

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