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publié le 12 mars 2015

Hospices de Nuits 2014, le meilleur millésime depuis 2009 ?

 

“Je pense que 2014 est le plus beau millésime depuis 2009. C’est mieux que 2012 et 2011 et beaucoup mieux que 2010 et plus encore que 2013. En 2014, il y a la qualité et une quantité très raisonnable puisque nous avons produit une moyenne de 37 à 38 hectolitres à l’hectare, contre 28 en 2013 et 32-33 hl en 2012 et 2011”. Jean-Marc Moron, le très sérieux régisseur du domaine des Hospices de Nuits-Saint-Georges (12,5 hectares, à près de 95% en nuits-saint-georges villages et premiers crus) est donc on ne peut plus optimiste pour ses 134 pièces (228 litres ou 300 bouteilles) de vins du millésime 2014 qui vont être vendues aux enchères ce dimanche dans le cellier du Château du Clos-de-Vougeot. En 2014, les vendanges ont commencé le 12 septembre avec de bons degrés naturels (12,5 en moyenne), des raisins sains et c’est tout juste si cette fameuse drosophile asiatique (article joint) qui a beaucoup (trop ?) fait parler d’elle en 2014 l’a dérangé. “Les dégâts liés à l’insecte sont insignifiants, en revanche cela a mis la pression dans tout le vignoble et obligé les vendangeurs à être très attentifs. Il y avait de petits foyers de quelques pieds ou même parfois de quelques raisins seulement un peu partout. Ceci étant, avec l’odeur et la couleur des raisins, ces foyers étaient faciles à détecter et à éliminer”, assure le régisseur. Les vinifications se sont faites en douceur, sans histoire et alors que les élevages sont bien sûr encore en cours, les vins rouges (99% de la production du domaine) commencent à se révéler, avec beaucoup de richesse, de précision et une certaine souplesse avec les fermentations malolactiques.
2014 est-il donc au niveau de 2009 comme le pense Jean-Marc Moron ? Il va nous falloir déguster plus de vins que les 17 cuvées des Hospices de Nuit pour l’affirmer. Une chose est néanmoins évidente. 2014 est déjà très différent de 2009, très riche également, mais beaucoup moins solaire, plus classique.
Autre certitude : l’ensemble de la production 2014 des Hospices de Nuits-Saint-Georges est de haut niveau et voici nos “coups de coeur”.
Nuits-saint-georges premier cru rouge les Didiers
Le domaine exploite en monopole les 2,40 hectares du climat Les Didiers. il y produit trois cuvées différentes en fonction des âges de vignes.
*Cuvée Fagon – 19 sur 20
Issue des plus vieilles vignes plantées entre 1950 et 1954, cette cuvée est une fois de plus un monument de richesse, de densité, de profondeur, mais aussi de précision et de complexité aromatique. Le tout avec une grande longueur en bouche. Au niveau d’un grand cru de la Côte de Nuits.
* Cuvée Jacques Duret – 18 sur 20
50% vieilles vignes, 50% vigne plantée en 1982. Un vin de plein de saveurs, riche, gourmand, aux tannins tendres, fins et précis. Un superbe premier cru qui n’a pas tout à fait la densité de la cuvée Fagon et c’est bien sûr la vieille vigne qui fait toute la différence.
*Cuvée Cabet – 17 sur 20100% “jeunes vignes” d’un peu plus de trente ans quand même car plantées en 1982. On un vin expressif, croquant, riche, fruité, au grain gourmand et tendre.

Nuits-saint-georges premier cru rouge Les Saint-Georges
En Saint-Georges, le domaine des Hospices exploites 95 ares et produit deux cuvées issues, un peu comme dans les Didiers, d’assemblages d’âges de vignes différents.
* Cuvée Georges Faiveley – 18,5
Cela ne s’est pas joué à grand chose et il faudra bien sûr revoir tout cela dans quelques années, mais à ce jour cette cuvée nous a semblé être un léger ton en-dessous de la cuvée Fagon Des Didiers. Un Saint-Georges toutefois magistral, concentré, riche, au fruité cerisé, avec des notes d’épices, de réglisse et une belle pureté. La cuvée compte 40% environ de vignes plantées en 1930 et 60% entre 1970 et 1978.
* Cuvée Sires de Vergy – 17 sur 20
20% de vignes plantées en 1930… Le vin est étoffé, long, avec un beau fruité franc, mûr, un bel équilibre et une chair gourmande.

Nuits-saint-georges premier cru rouge Les Boudots * Cuvée Mesny de Boisseaux – 17,5 sur 20
Une seule cuvée est produite dans les Boudots (terroir limitrophe de Vosne-Romanée, au nord de l’appellation) à partir de 20 petits ares de vignes et il n’y aura pas beaucoup plus de 3 pièces mises en vente. Trois pièces magnifiques, avec un vin riche, texturé, aux tannins veloutés, tendres et fin, d’une grande délicatesse.
Nuits-saint-georges premier cru Les Murgers* Cuvée Guyard de Changey – 17 sur 20
La vieille vigne plantée en 1955 donne en 2014 un vin à la robe grenat, intense et vive. On est comme pour les Boudots sur une petite parcelle (17 ares) côté Vosne-Romanée et on retrouve le même style velouté, tendre, gourmand, élégant, avec un peu moins de matière…

Nuits-saint-georges village (climats Les Saint-Julien et Les Plateaux)* Cuvée Claude Poyen – 17 sur 20
Voilà un vrai nuits-saint-georges ! Nous entendons par là un vin qui a de la couleur, de la matière, de la force, un fruité noir riche, encore un peu de “rudesse” dans ses premières années, mais beaucoup de noblesse et un beau potentiel de garde.
Nuits-saint-georges village (climats Les Fleurières et Plantes au Baron)* Cuvée des Soeurs Hospitalières – 16,5 sur 20
“Opposition de styles” avec la cuvée Claude Poyen ci-dessus. Ce vin est bien structuré, bien “garni”, charnu, frais, élancé et fin.

Nuits-saint-Georges village (climats Maladières et Brûlées)
* Cuvée Grangier – 16 sur 20Avec 1,5 hectare en production, c’est l’une des cuvées les plus importantes de la vente et une “bonne affaire” au niveau des cours (4 500 euros en moyenne sur le millésime 2013). Le vin est bien typé de son lieu de naissance, dense, mat, solide et droit. A déguster dans quelques années !

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