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publié le 06 février 2014

Jacques Dupont, un combat de longue haleine !

 

Journaliste-vin à l’hebdomadaire français le Point, Jacques Dupont mène un combat de longue haleine. Il a publié en mai 2013 “Invignez-vous !”, un pamphlet contre ceux qui cherche depuis plus de 20 ans (la Loi Evin a été votée en 1991) à censurer la communication sur le vin en France. A l’interdit des “hygiénistes” comme il les appelle, Jacques Dupont répond prévention et éducation, dans ce qui s’apparente chaque jour un peu plus à un dialogue impossible. Jacques Dupont nous a accordé récemment une longue interview à paraitre dans le prochain numéro de Bourgogne Aujourd’hui (sortie début février). Voici quelques extraits consacrés à la Loi Evin, ses origines, ses enjeux, ses fondements idéologiques et ses dangers. Nous publierons prochainement sur ce site, la seconde partie de cette interview “événement”, consacrée au monde du vin de façon plus générale : la progression de la qualité depuis 30 ans, la viticulture bio, les oenologues “stars” et la standardisation du goût, la Bourgogne… Depuis 1991, date de promulgation de la Loi Evin, acte fondateur de la lutte contre l’alcoolisme et dans la mise en place d’une politique visant à limiter les oyens de communication sur le vin, la droite et la gauche se sont succédés au pouvoir et on peut dire qu’une certaine ligne gouvernementale “prohibitionniste” est restée. Comment expliquez-vous cela ? Qui sont ces gens qui tirent les ficelles ? Attention, à l’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) nous n’avons à faire qu’à quelques extrémistes et l’association compte beaucoup de membres qui travaillent et dont les positions ne sont pas aussi radicales que celles de MM. Rigaud (président de l’ANPAA) ou Got. On est face à une sorte de secte qui a mis la main sur le ministère de la santé depuis plus de 20 ans et c’est un réveil qui se remonte tout seul, avec des positions de plus en plus extrêmes. La Loi Evin leur a servi de support juridique. Il faut savoir que le fond du problème est historique. Les ligues antialcooliques se sont créées en France après la commune de Paris et au lendemain de la défaite militaire de 1870. Pour les gens bien-pensants, à l’origine du gouvernement d’ordre moral de 1973, il fallait trouver un exutoire à la défaite de 1870, un coupable et le coupable c’est l’alcool qui a désorganisé l’armée. Face à la misère qui règne à ce moment-là en France, on n’a pas le droit de dire que l’exploitation des gens, des enfants, le délabrement de l’habitat ouvrier… sont la vraie cause de l’alcoolisme. Alors la grande bourgeoisie au pouvoir à l’époque dénonce les conséquences, sans chercher les causes et pour elle il faut simplement combattre l’alcool pour éliminer l’alcoolisme.
1873-2013, rien n’a changé depuis ?Et bien non ! 1873, 1991 et la Loi Evin sous un gouvernement socialiste, 2013… Les époques sont différentes, les hommes politiques ont changé, mais on conserve la même idéologie. Avez-vous entendu Claude Evin dénoncer le chômage, la solitude, la misère ouvrière… pour expliquer l’alcoolisme ? Jamais ! L’objectif final de l’ANPAA est-il d’instaurer une forme de prohibition à la française ?On peut se le demander et puisque vous faites référence à l’époque de la « prohibition » aux Etats-Unis, je vais vous lire un extrait de mon dernier livre “Invignez-vous”. C’est ce qu’écrivait le 3 janvier 1931 dans l’hebdomadaire l’Illustration Paul Hazard, historien et professeur au collège de France, de retour des USA : « Faut-il croire que l’on s’est trompé, qu’avec les meilleures intentions du monde on a aboutit à des résultats inverses de ceux que l’on attendait. Il y a donc expérience faîte des commandements que l’on ne peut imposer, quand le consentement intime, quand l’adhésion intérieure font défaut. La loi et la force qui est à son service sont impuissantes à agir du dehors. Une contrainte même estimée bienfaisante aboutit en tant que contrainte, d’abord à l’hypocrisie, ensuite à la corruption. » Magnifique non ?
C’est le début d’année, faisons un voeu. Quel type d’initiative attendez-vous des pouvoirs publics pour que la France devienne enfin un pays ou une communication intelligente sur le vin soit possible ?J’aimerais une loi, comme en Espagne, pour protéger le vin, mais j’aimerais surtout que l’on éduque les enfants au goût. Pas au goût du vin, mais au goût au sens large et que l’éducation nationale dise haut et fort : « nous sommes au pays de la gastronomie, alors il faut apprendre le goût. » Cela pourrait contribuer à réduire l’alcoolisme et plus largement les problèmes de santé publique : obésité, diabète, etc. Mais tout cela n’arrivera pas, si le monde viticole ne se mobilise pas collectivement pour défendre le vin et surtout la culture du vin. Propos recueillis par Christophe Tupinier

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