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publié le 09 juillet 2015

Julien Duport : la Boucheratte, grand cru de la Côte de Brouilly

 

À 33 ans seulement, Julien Duport a déjà douze millésimes à son actif.
En alignant à ses débuts
2003 (« volcanique »), 2004 (joker) et 2005 (le « rêve »),
il a suivi une de ces formations accélérées qui forgent le caractère. Julien
n’en manque manifestement pas, ni de passion, ni de dynamisme. Après avoir
débuté avec 4,5
hectares, il s’est développé et sa dernière acquisition
en 2013 (avec des amis non vignerons) du Domaine des Cadoles, 2,8 hectares de
brouilly dans de superbes secteurs (La
Roche, La
Folie…) porte la taille de son domaine à 11,5 hectares.
« Je continue de tout contrôler à la vigne comme en cuverie »,
précise Julien, ce dont nous ne doutons pas un instant tant ses vins rouges
robustes, concentrés et raffinés, reflètent une démarche ambitieuse et des
terroirs de grande qualité. A la vigne, Julien travaille les sols par l’enherbement et les labours sur toutes les parcelles situées sur des zones planes ou de mi-coteau. Sur les coteaux de la côte de brouilly (plus de 45% par endroits…), il privilégie au maximum le travail manuel.
En cuverie, les vinifications sont traditionnelles, 100% en vendange entière avec des cuvaisons longues de 2 à 3 semaines, “ce qui impose d’avoir de bonnes maturités et des raisins sains”, précise Julien dont la démarche est très axée sur
le terroir, avec la revendication sur ses étiquettes des noms des
climats : brouillys La Folie, La Roche et son côte de
brouilly La Boucheratte,
80 ares de vieilles vignes,
plantées sur un coteau raide comme une piste noire. Le jour
de notre venue, Julien avait préparé une dégustation verticale de tous ses
millésimes de Boucheratte, de 2003 à aujourd’hui. Un grand moment…

Dégustation verticale : Côte de brouilly rouge La Boucheratte

Le terroir : La Boucheratte est un ensemble de 80 ares de
vieilles vignes plantées à 12 000 pieds à l’hectare au début du XXème
siècle, ce qui nous renvois à la reconstitution du vignoble
post-phylloxérique. Le coteau est sévère, en exposition ouest, à
l’altitude moyenne de 350 mètres. Le sol est constitué de cette roche
bleue typique des côtes de brouilly. La vinification est traditionnelle
en “cuve grillée” (une grille maintient le marc immergé dans le jus),
sur près de 3 semaines. L’élevage dure 18 mois en fûts de 228 litres,
sans une once de bois neuf.

2013 – 17 sur 20
2013 est un millésime tardif et cela se traduit par des arômes fruités, fumés, épicés, expressifs, fins et “froids”. En bouche, le vin est dense, à la fois pulpeux et droit. Un vin de garde.

2012 – 16 sur 20
“On revient de loin sur ce millésime”, soupire Julien. Une année climatique en effet bien chahutée qui débouche sur un vin au grain tendre, gourmand, de densité moyenne, mais séducteur, avec une touche boisée bien intégrée, mais qui ne plait pourtant pas au vigneron. “J’ai mis un fût neuf en 2012 ce que je ne referai jamais”.

2011 – 18 sur 20
Robe intense, vive. En bouche, c’est un concentré de cerise noire, avec beaucoup de richesse, de chair, de croquant et de pureté. Un vin à la fois ciselé, minéral et riche à souhait.

2010 – 18
“Au moment des vendanges, on est impatient, alors qu’il faut souvent au contraire savoir attendre pour récolter des raisins mûrs”, assure Julien Duport qui a attendu en 2010 et bien lui en a pris. Robe superbe, grenat, violacée. Arômes de cerises noires, de pivoines, d’épices… En bouche, le vin est dense, juteux frais, long, fin et très harmonieux. Un beau millésime classique.

2009 – 18,5
Arômes intenses de fruits noirs bien mûrs, qui conservent toute leur fraîcheur. En bouche, la minéralité du terroir est enrobée par la chair confiturée, gourmande, du fruit. C’est à la fois enivrant, charmeur, concentré et fin.

2008 – 14,5
“Au bout de 12 mois d’élevage, j’allais mettre les vins en bouteilles et je les ai trouvés creux. C’est en 2008 que j’ai décidé de passer à des élevages plus longs”, explique Julien. L’année était compliquée et le vin présente une densité moyenne en comparaison des précédents millésimes. Pour autant, le style épicé, grillé, délicat en fait un vin léger, à son apogée, agréable à déguster aujourd’hui.

2006 – 16
“C’est un millésime de rendements élevés, alors là-aussi il fallait être patient pour laisser les raisins mûrir et heureusement il a fait beau en septembre”, commente Julien. Arômes de cerises confiturées, kirchées, de cacao, d’épices… En bouche, on retrouve bien le style 2006 avec à la fois un fruité riche, charmeur, mûr, et des tannins encore fermes. A déguster dans 3 ou 4 ans.

2005 – 18
Robe intense, grenat, très peu évoluée. Arômes fruités, fumés, épicés, riches et complexes. 2005 est un grand millésime de garde et même 10 ans après, les vins réussis ont encore beaucoup de force, de profondeur, un fruité plein, de beaux tannins racés, mais il en gardent sous le pied. C’est le cas ici !

2003 – 18,5
14,5 degrés à la récolte, début des vendanges le 20 août (le 23 dans La Boucheratte), voila un vrai baptême du feu, au propre comme au figuré… Évidemment, ce 2003 ne répond pas aux “canons” d’un côte de brouilly classique et pourtant, quel plaisir ! Arômes d’épices, de chocolat, de figues sèches, de fleurs fanées, de tabac… Le vin est délicieux, concentré, avec un fruité gourmand et de beaux tannins élégants, tendres, enrobés, “sucrés” par le soleil torride de l’été.

Christophe Tupinier

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