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publié le 24 juillet 2013

La grêle fait de gros dégâts sur le vignoble de la Côte de Beaune

 

Déjà lourdement touchés par la grêle l’an
dernier, les vignobles de Pommard et Volnay, en Côte de Beaune ont essuyé hier un violent orage.
Un nouveau coup de tonnerre pour les vignerons, qui depuis ce matin constatent
les dégâts. « L’orage est arrivé de l’ouest, par la combe de Nantoux », raconte
Thomas Bouley, vigneron à Volnay, manifestement très abattu comme tous ses collègues. « Il est tombé 60 millimètres d’eau en deux heures ». Même si tout le secteur a été touché, c’est
manifestement au nord de Pommard et au sud de Volnay que le premier bilan est le plus catastrophique.
« Sur des parcelles de pommard premiers crus Charmots, Pezerolles ou en Epenots, ou encore en pommard Noizons les feuilles
sont tout simplement déchiquetées et les grumes sont fendues voire même tombées ».
Les conséquences d’un orage d’une rare intensité, où les vents violents et de
très fortes pluies ont accompagné la grêle, ravinant les vignes, arrachant des arbres et détruisant des murets. Même s’il est encore un peu tôt pour
avancer des chiffres, la récolte dans ces secteurs devrait être amputée de 30 à 90% de son potentiel. On peut d’ores et déjà s’interroger sur l’avenir
de certains domaines qui devront affronter de sérieuses difficultés
économiques, après un millésime 2012 où les quantités avaient déjà sérieusement
manqué.

Cet épisode orageux est exceptionnel par son ampleur, puisqu’au nord de Beaune, le vignoble de Savigny-les-Beaune n’a lui aussi pas été épargné par l’orage de mardi. Interrogé sur France Info, Louis Chenu, vigneron,
constate que « certaines parcelles sont détruites. On pourrait s’orienter
vers des pertes de récolte jusqu’à 90 % ». Même son de cloche du côté du domaine
Patrick Javillier, à Meursault : « Il n’y aura pas de récolte 2013
sur notre parcelle de savigny-les-beaune Les Liards. Le premier cru Serpentières a également été
bien touché ». Vigneron à Savigny, Michel Ecard explique que si
les dégâts sont aussi importants, c’est en partie à cause de la durée de l’orage, 45
minutes. « Pour ma part, les pertes sur le domaine s’évaluent entre, au
mieux, 35 %, et au pire, 90 %. Il faut cependant attendre 3 ou 4 jours pour
avoir une idée juste et précise », rajoute-t-il. Dans la
grisaille ambiante, Michel Ecard apporte cependant une petite éclaircie. « La
vigne est millerandée après la floraison, ce qui devrait permettre aux baies touchées par la grêle
de tomber, et d’éviter ainsi la pourriture. Il faut rester prudent, mais à
première vue, on a certes perdu en quantité, mais pas en qualité ».
Précisons enfin que, dans une moindre mesure,
la grêle a endommagé certains secteurs sur les vignobles de Beaune (surtout au sud de l’appellation dans le Clos des Mouches notamment),
Pernand-Vergelesses et Aloxe-Corton. A Volnay, qui fait presque figure de vignoble “martyr” avec 5 épisodes de grêles dévastateurs en moins de quinze ans (2001, 2004, 2008, 2012 et 2013) on se demande pourquoi la grêle revient aussi souvent sur le vignoble, alors que l’appellation n’étaient pas plus touchée que les autres par le passé. Réchauffement climatique, déboisements qui modifient les couloirs de vents et d’orages comme on l’entend dire parfois. Le mystère reste pour l’heure entier…

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