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publié le 09 mai 2014

La roue tourne au Clos des Epeneaux

 

En 1999, Benjamin Leroux a remplacé Pascal Marchand à la tête du domaine du Comte Armand, à Pommard (Côte de Beaune – 21). Pascal Marchand avait pris les rênes en 1985. C’est ainsi dans ce domaine “phare” de la Côte de Beaune ; tous les 15 ans environ, la roue tourne et le Comte Armand, un avocat parisien, donne sa chance à un jeune non issu du sérail viticole et qu’il estime talentueux. Benjamin sera remplacé dans les semaines à venir par Paul Zinetti, un Beaunois de 32 ans, au domaine depuis 2010, qui connait donc déjà bien la maison et bien sûr son appellation “culte” : le pommard premier cru Clos des Epeneaux (5,23 hectares). Benjamin Leroux part sans plaisir et sans regret, mais tout simplement pour voler de ses propres ailes : “Parrallèlement à mon travail ici, j’ai développé depuis 2007 une activité de négoce presque à 100% issue d’achats de raisins essentiellement sur des vins rouges de la Côte de Nuits et des blancs de la Côte de Beaune. Cela représente quand même aujourd’hui 100 000 bouteilles, 34 appellations, et je viens en plus de reprendre 3,5 hectares de vignes avec du meursault village blanc, meursault premier cru blanc Genevrières (12 ares) et bâtard-montrachet grand cru blanc (16 ares). Au bout d’un moment, il est difficule d’être partout, alors je m’installe tout simplement et puis il faut que les choses doivent encore évoluer au Comte Armand, comme elles ont évolué avec Pascal Marchand et moi”.
Pascal Marchand, le plus Bourguignon des Québécois avait été le premier régisseur dédié à 100% au Clos-des-Epeneaux. Il a “défriché” le terrain, posé les bases, remis le domaine sous les feux de la rampes, acheté quelques vignes et passé la commercialisation à 100% en bouteilles ; en 1985 le domaine vendait en effet encore beaucoup de vins en vrac. Benjamin Leroux a repris un domaine de 7,5 hectares pour le passer à 10 aujourd’hui. Il a surtout lancé la conversion en viticulture biologique, officielle depuis 2001. Le domaine est même cultivé en biodynamie, mais sans certification. “J’ai aussi beaucoup travaillé à affiner les choses. La vigne, cela prend du temps et maintenant on rentre vraiment dans les détails, à toutes les étapes de la viticulture, de la vinification et de l’élevage”. Résultat, près de 30 ans après l’arrivée de Pascal Marchand, le domaine du Comte Armand jouit d’une réputation internationale amplement méritée. Ses vins rouges sont “costaux”, parceque c’est l’ADN des terroirs qui les enfantent (pommard Clos des Epeneaux, volnay Fremiets, auxey-duresses Les Duresses), mais avec beaucoup de classe, de finesse, tout particulièrement bien sûr dans l’immense Clos des Epeneaux. Autant dire que la tâche sera ardue pour Paul Zinetti qui arrive avec beaucoup de modestie, une scolarité tumultueuse, mais un parcours jalonné de nombreuses expériences dans de beaux domaines bourguignons (à “l’école” Dominique Lafon notamment…) et une passion inoxydable. Pour ceux qui connaissent un peu Beaune, Zinetti est un nom lié aux travaux publics, pas à la vigne. Mais voilà, les BTP, Paul Zinetti, cela ne l’intéressait pas et il rêvait de devenir vigneron. Il l’est aujourd’hui et pas n’importe où, au domaine du Comte Armand, à Pommard. Christophe Tupinier

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