Accueil Actualités Le premier vigneron beaunois était Romain !

publié le 22 mars 2014

Le premier vigneron beaunois était Romain !

 

La voix enthousiaste qui résonne à l’autre bout du fil nous est bien connu. C’est celle de Jean-Pierre Garcia, enseignant-chercheur à l’Université de Bourgogne et archéologue. “Christophe, vous êtes à votre bureau ? Nous venons de trouver les traces d’une vigne romaine près de Beaune !” Cinq minutes plus tard nous voila sur les lieux, au bord de la zone de recherche où une dizaine d’étudiants en Master 1 AGES (Archéologie-Géologie-Sciences) grattent le sol au milieu de fosses allongées, d’un mètre à 1,50 mètre, ayant contenu 2 à 3 pieds de vigne. “Il va quand même falloir dater tout cela de façon très précise, mais la plantation est typique de ce que l’on trouve dans l’empire romain entre le 1er et le IVème siècle après JC”, explique Jean-Pierre Garcia, à qui l’on doit déjà la découverte il y a quelques années d’une vigne également de l’époque romaine du début de l’Empire (1er siècle après JC), dans les bas de Gevrey-Chambertin, en Côte de Nuits. A noter que la plantation probablement de l’époque romaine sur Beaune (en fait sur la commune limitrophe de Savigny-les-Beaune), se trouve également en plaine, mais à quelques dizaines de mètres seulement de vignes aujourd’hui plantées en AOC savigny-les-beaune premier cru. Cette plantation démontre une fois de plus que la “conquète” des coteaux par la vigne en Bourgogne ne s’est faite que plus tard, au moment de la chute de l’empire romain d’occident. Après la Côte de Nuits, la Côte de Beaune… Une nouvelle preuve de l’origine romaine du vignoble bourguignon est donc sur le point d’être apportée. On sait en effet que si les Gaulois buvaient du vin et si la vigne était probablement présente à l’état sauvage avant l’arrivée des Légions de César au nord de la Gaule, il a fallu attendre la conquète romaine pour que la production de vin se structure et se développe en Bourgogne.Le lieu où ont été trouvées ces quelques traces de vignes sans doute antiques est également très symbolique, puisque Jean-Pierre Garcia et ses étudiants ont fait leur découverte tout près de la cuverie moderne de l’une des maisons de négoce les plus réputées de Bourgogne : Bouchard Père et Fils. Christophe Tupinier

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