Accueil Actualités Lendemain de grêle : Chablis fait ses comptes !

publié le 02 septembre 2015

Lendemain de grêle : Chablis fait ses comptes !

 

“A Chablis, au lendemain de l’orage de grêle, les vignerons se mobilisent pour vendanger et la date limite est fixée à ce soir”… C’est un véritable communiqué de guerre que nous avons pu entendre ce matin sur une grande chaine de radio nationale parisienne. Le ridicule ne tue pas et c’est une bonne chose, mais il nous semble quand même utile de revenir sur la réalité des conséquences de la grêle qui a touché les vignobles de l’Yonne dans la nuit du lundi 31 août au mardi 1er septembre. L’orage est arrivé du sud-ouest, abordant les vignobles de l’Yonne par l’Auxerrois, l’appellation irancy en tête, puis les villages de Saint-Bris Le Vineux (AOC bourgogne côtes d’auxerre et saint-bris), Chitry (AOC bourgogne-chitry), avant d’arrivée à Courgis (vignoble de chablis), village sans doute le plus durement touché, Préhy, d’emprunter la Vallée des Montmains (chablis premier cru) pour traverser le Serein et frapper une partie des vignobles de la “rive droite” dans les chablis grands crus Les Clos, Blanchots et le chablis premier cru Montée de Tonnerre. Il a partout plu à torrents. “85 mm sont tombés à Irancy, dont 41 en une seule heure”, assure Thierry Richoux, vigneron. “Il a commencé de pleuvoir à 1 h 40 et il est tombé entre 80 et 90 mm de pluie”, confirme Didier Séguier, régisseur du domaine William Fèvre (76 hectares), à Chablis. Sur des sols durcis par des semaines de sécheresse l’eau a glissé, ce qui explique quelques inondations au centre-ville de Chablis notamment.
La grêle a suivi un couloir et la limite entre zones touchées et non touchées est comme souvent très nette, coupée au couteau. Ainsi, le grand cru Valmur, qui borde Les Clos a été épargné, alors que les dégâts sont importants dans Les Clos. Au final, quelques centaines d’hectares “seulement” (300 à 500 selon certaines estimations), les guillemets étant bien sûr de rigueur, ont été touchés dans le Chablisien, sur un vignoble qui au total couvre plus de 5 000 hectares, avec des dégâts qui iraient de 20 à 80% environ de perte de récolte. A noter que 90% du Chablisien a donc été totalement épargnés par la grêle, comme le village de Chichée, pourtant tout proche de la ville de Chablis. A Irancy, Thierry Richoux, après avoir fait un tour détaillé du vignoble d’Irancy estimait en fin d’après-midi hier à 20-25% la perte globale sur l’appellation, avec là-aussi des situations très variables d’un terroir à l’autre.
Alors le vignoble s’est-il aussitôt lancé à corps perdu dans les vendanges ? Bien sûr que non et ce pour plusieurs raisons. Chez ceux, nombreux dans l’Yonne, qui vendangent mécaniquement, il était impossible aujourd’hui de faire rentrer les machines dans des rangs de vignes trempés par les pluies diluviennes. Chez ceux qui vendangent à la main, il ne faut pas croire qu’il est si facile que cela de faire venir les vendangeurs plusieurs jours avant la date fixée. Ainsi chez William Fèvre, où l’on avait prévu de commencer de vendanger (à la main) demain jeudi, on a décidé de ne rien changer. Quelques-uns ont quand même avancé la date de la récolte à l’image du domaine Christian Moreau, propriétaire important dans les Clos. “Nous avions prévu de débuter en milieu de semaine prochaine et nous allons nous y mettre dès demain jeudi 3 août. Il faut éviter que les raisins touchés s’oxydent, alors d’ici à dimanche tous les secteurs grêlés auront été récoltés. Ailleurs, dans nos grands crus Valmur, Vaudésirs, dans notre premier cru Vaillons, tout est intact. Le feuillage est beau, les raisins sont mûrs, la météo est optimiste pour la semaine à venir, alors il n’y a pas d’urgence et nous allons faire un très beau millésime”, assure Christian Moreau. Lundi dernier (le 31 août), la veille de la grêle, j’avais fait des prélèvements maturité dans les vignes et tout était déjà entre 12 et 13 degrés naturels”, explique Didier Séguier. Au final, si dans les vignes grêlées la qualité ne sera sans doute pas
au niveau de ce que les vignerons pouvaient espérer il y a seulement
quelques jours, ailleurs le très beau à grand millésime reste d’actualité à
Chablis et plus globalement dans l’Yonne

Christophe Tupinier

D’autres articles qui pourraient vous intéresser

Ève et Erwan Faiveley dans la cuverie de la maison, à Nuits-Saint-Georges.

Révolution en douceur chez Faiveley

Changement de style, rénovation des cuveries, investissements à Chablis, aux USA, dans l’art… Erwan Faiveley, en 2005, et sa sœur Ève, en 2014, ont succédé à leur père François à la tête de la maison nuitonne éponyme et ils n’ont pas perdu de temps…

29 juin 2022

Générateur anti grêle à vortex.

Grêle : la Bourgogne a-t-elle l’arme absolue ?

La Bourgogne et le Beaujolais n'ont pas été épargnés par la grêle cette année, mais si les deux régions ont, pour l'heure, beaucoup moins souffert que d'autres, elles le doivent sans doute à leur réseau de générateurs anti-grêle. L'arme absolue ?

24 juin 2022

Botte de paille dans les vignes, à Chapaize, dans le Mâconnais.

Comme un fétu de paille !

Après le gel, la grêle. Pour l'heure la Bourgogne et le Beaujolais s'en sortent "relativement" bien, mais le bout du chemin est encore loin.

22 juin 2022

Nos derniers magazines