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publié le 19 février 2015

UNESCO : Le Montrachet lance le compte à rebours !

 

C’est un morceau de colline que l’on embrasse d’un seul regard.
Huit hectares de terre ocre en méplat. Ils suffisent presque à eux seuls à la
gloire des vins blancs de Bourgogne : le Montrachet. Thomas Jefferson, futur
président des Etats-Unis, le considérait comme le plus grand vin blanc du
monde. Le déguster est toujours un événement. Le Montrachet a bien quelque-chose
d’unique. Un mystère à percer. Comment peut-on à la fois développer autant
d’ampleur, de structure, tout en restant d’une grande finesse et d’une
remarquable complexité ? Question qui se pose pour tous les grands crus certes,
mais qui atteint ici une acuité particulière.

La toponymie affirme que son nom signifierait
“Mont-Chauve”. C’est en tout cas l’hypothèse la plus courante.
Effectivement, le haut de la colline très caillouteux laisse peu de chance à la
végétation et à une autre culture que celle de la vigne. De son côté, l’histoire rappelle que sa grande valeur est connue
depuis longtemps. Au point de provoquer une bataille judiciaire autour de
l’utilisation de son nom. Un jugement, en 1921 a permis de définir précisément
les parcelles qui ont le droit de le revendiquer.

Un climat méditerranéen

A cheval sur les communes de Chassagne-Montrachet et de
Puligny-Montrachet, en Côte de Beaune, il est installé à mi-pente (250 à 270
d’altitudes), sur un dénivelé relativement faible. Une rupture du coteau sur
lequel il semble être sereinement assis. Jean-Claude Wallerand, sommelier, mémoire vivante du
montrachet, insiste sur le micro climat qui y règne. “J’ai fait
l’expérience : il y a 3 ou 4 degrés de plus dans le montrachet que dans les
villages de Puligny ou Chassagne”, explique-t-il. On trouve une flore
méditerranéenne aux alentours. Les quelques petites variations alimentent le débat sur les
nuances entre la partie située sur la commune de Chassagne-Montrachet, exposée plein Sud
et celle de Puligny-Montrachet, qui regarde le levant. La première est réputée pour donner
les vins les plus puissants, la seconde les vins les plus fins.

Installé sur un calcaire dur, son sol recèle du manganèse, des
veines de silice, de l’oxyde de fer, de la chaux, etc. Une certitude : la
couleur de la terre, assez épaisse, rouge-ocre le distingue nettement des
terroirs voisins. La vigne, sans être incitée à la facilité, souffre très peu des
excès et des variations climatiques. Le terroir est généreux donc, mais il aime avancer à son
rythme. Dominique Lafon, (domaine des Comtes Lafon, à Meursault), le confirme.
“Il faut récolter le montrachet sans se précipiter à forte maturité, voire
très forte maturité, au moins à 13,5°. Dans le cas contraire il peut être
sévère.”

Ces paramètres mêlés, mis entre les mains de producteurs
conscients du privilège que la nature leur donne, font du Montrachet un vin
hors normes. Aux heureux acquéreurs de savoir patienter ensuite. “Il faut
bien une dizaine d’années de garde pour avoir ces notes de miel d’acacia, ce
bouquet complexe en constante évolution”, précise Jean-Claude Wallerand.
Patienter et casser sa tirelire puisqu’il faut aisément débourser un minimum de 200 euros pour mettre en cave une bouteille de Montrachet.

Laurent Gotti

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