Accueil Actualités C’est officiel, Viré-clessé a ses vins « levroutés » !

publié le 09 mai 2018

C’est officiel, Viré-clessé a ses vins “levroutés” !

 

Il est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre où le climat n’était pas ce qu’il est aujourd’hui en Bourgogne et quand l’année était belle, chaude, les vignerons cherchaient à récolter des raisins aussi mûrs que possible. En chardonnay, il n’était pas rare qu’en fin de fermentation alcoolique, les levures flemmardes un peu et que les vins conservent quelques grammes de sucres résiduels ; rien de grave, ce d’autant plus que ces vins vieillissaient généralement très bien.
La tradition est restée dans le Mâconnais et tout
particulièrement dans le cru Viré-Clessé, où de nombreux vigneron et pas des moindres (Jean Thévenet, domaine Michel, Jean-Pierre Michel…) produisent encore des vins blancs dits “levroutés”, contenant des sucres résiduels, issus de raisins récoltés tardivement et très
mûrs. Jusqu’au millésime 2015, Viré-Clessé a bénéficié d’une
dérogation au cahier des charges de l’appellation qui veut que la limite
autorisée soit de 4 grammes de sucres résiduels fermentescibles/litre. Par chance, il n’y a pas
eu de “levroutés” en 2016 et à partir de 2017, c’est officiel*, les vignerons auront le droit de les produire en toute légalité.Les vins contenant plus de 4 g/l de sucres résiduels seront répartis en deux
catégories : les “demi-secs”, entre plus de 4 et moins de 8 g/l
et les “levroutés”, entre 8 et 18 g/l. Pour ces derniers, le
cahier des charges est particulièrement exigeant avec des vendanges
manuelles, un degré minimum à la récolte de 15° et de 14° après fermentation alcoolique, un rendement maximum de 48 hectolitres par hectare
(contre 62 pour un viré-clessé avec nom de climat), l’interdiction bien sûr de
chaptaliser et un élevage long, au moins jusqu’au 1er février de la 2ème année
qui suit la récolte. Les 2017 ne pourront donc pas être mis en bouteille avant le 1er février 2019. Et la production de ces vins avec des sucres résiduels n’est pas anecdotique à Viré-Clessé. L’appellation couvre 450 hectares, produit en moyenne 26 000 hectolitres par an et en millésime favorable (cela ne marche en effet pas tous les ans), les “demi-secs” peuvent représenter 20% de la production totale du cru et les “levroutés” jusqu’à 10%.
Il est aujourd’hui très “tendance” de vénérer les vins blancs secs, minéraux et de tordre du nez devant ces vins plein de soleil, croquants, aux fruités bien mûrs, chaleureux, délicieux jeunes, mais aussi capables de vieillir 20 ans et plus ; et bien pour notre part, nous les adorons et vous invitons, si ce n’est déjà fait, à les découvrir sans plus attendre. Sortie d’autoroute Tournus en arrivant du nord, Mâcon Nord en arrivant du sud, encore une bonne dizaine de kilomètres et vous y êtes ! Notez enfin que le cru Viré-Clessé fête cette année ses 20 ans.
Christophe Tupinier
* L’arrêté du 26 avril 2018 modifiant le cahier des charges de l’appellation Viré-Clessé a été publié le 3 mai 2018 au Journal Officiel.

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