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publié le 15 juin 2021

Floraison express !

Vigne en pleine floraison

 

C’est très exactement ce qu’espéraient les vignerons et c’est ce qui est en train de se passer : une floraison rapide, express, histoire de “fixer” la récolte et d’éviter, après le gel dévastateur de début avril, de nouvelles pertes liées à une coulure ou un millerandage engendrés par de mauvaises conditions météo en pleine floraison. Rien de tel donc, sous l’effet combiné d’une chaleur enfin estivale et du soleil, la fleur est en train de passer à la vitesse d’une Formule 1, parfois même en quelques jours seulement et ce dans toutes les régions, de Chablis, au nord de la Bourgogne au sud du Beaujolais. Il est même probable que la floraison sera très avancée partout en fin de semaine, avant l’arrivée des pluies.

Le passage de ce stade végétatif est oh combien important, puisqu’il détermine la date des vendanges et permet d’y voir un peu plus clair quant au potentiel de la future récolte.

Pour les vendanges, il est maintenant envisageable de les voir débuter autour du 15 septembre, peut-être même un peu plus tôt dans le Beaujolais et dans des secteurs précoces en Bourgogne ; si cela se confirme, la date n’a rien de particulièrement tardive et le spectre de voir des vendanges à la Toussaint est en train de s’éloigner.

 

Pas de bonne ou de mauvaise surprise en chardonnay

Pour ce qui est du potentiel de la récolte, il ne sera véritablement connu que quand les raisins seront dans les cuves et les pressoirs. Pour autant, on peut distinguer les cépages et les régions. En résumé, le nord de la région a été plus touché que le sud par le gel et le chardonnay plus que le pinot noir et le gamay. “Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise surprise”, assure Benoît Droin, vigneron à Chablis. Entendez par là que les 50 à 70% de perte évoqués immédiatement après le gel sont toujours d’actualité. “En fonction de la neige tombée un peu plus ici ou là, d’une protection contre le gel plus ou moins efficace, de l’altitude, les hauts ont été plus gelés que les bas… le constat est aujourd’hui très variable d’une vigne à une autre ; il serait néanmoins étonnant qu’en moyenne le Chablisien fasse plus d’une demi-récolte. Dans les vignes les plus gelées, on sera même à moins de 10, voire de 5 hectolitres à l’hectare”.  

Plus au sud, à Meursault, Vincent Latour dresse un constat à peine plus reluisant. Il a bien sauvé la récolte sur sa vigne de Chassagne-Montrachet premier cru blanc Morgeot dans laquelle il a allumé des bougies pendant les 3 nuits de gel, sur son Saint-Aubin également, mais ailleurs c’est la soupe à la grimace et Vincent Latour ne s’attend pas à dépasser les 20-25 hl/ha de moyenne sur l’ensemble de son domaine. Le vigneron met également l’accent sur les difficultés à conduire aujourd’hui le vignoble : “Dans les vignes gelées, la végétation est repartie des pieds, sans donner de raisin ou très peu ; les rameaux cassent au premier coup de vent, alors qu’ailleurs, c’est une année presque normale. C’est vraiment compliqué, mais on ne peut rien y faire, c’est la nature !”

Plus au sud, Frédéric Burrier (Château de Beauregard) exploite des vignes dans le Mâconnais, Pouilly-Fuissé en tête et dans les crus du Beaujolais du nord ; il s’attend à une récolte à peu près équivalente de 30-35 hl/ha dans les deux régions. “Si les vignes en hauteur ont durement gelé en Pouilly-Fuissé, les bas et milieu de coteau ont mieux résisté sur Chaintré, Fuissé et Pouilly et le constat est un peu le même en gamay dans le Beaujolais : des pertes importantes au-dessus de 300 mètres d’altitude, mais un vignoble moins touché plus bas”, explique le vigneron. Il nous semble toutefois que la récolte devrait être meilleure dans le centre et le sud du Beaujolais qui est resté sec pendant les trois nuits de gel et où il a globalement fait moins froid.

 

Rendement normal dans certaines parcelles de pinot noir

Quant au pinot noir, il est maintenant à peu près certain que la note sera moins salée dans un peu plus de 3 mois au moment des vendanges. “Les rendements seront très hétérogènes, faibles, voire très faibles dans les vignes les plus touchées, souvent en sommet de coteau, mais ailleurs c’est mieux et on peut même s’attendre à faire le rendement, 40 à 45 hl/ha dans certaines parcelles”, explique Loïc de Suremain, vigneron à Mercurey, en Cote Chalonnaise.

Un peu plus au nord, à Volnay, Pierrick Bouley s’attend pour sa part à une grande hétérogénéité : “de 20 hl/ha dans les coteaux les plus gelés, au rendement légal dans les zones qui n’ont pas été touchées ; le bilan final devrait globalement être meilleur que prévu”. Quant à la Côte de Nuits, qui était plus en retard au moment du gel, la production devrait y être encore un peu plus élevée. A suivre…

Christophe Tupinier

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