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publié le 10 septembre 2021

Le Beaujolais dans les starting-blocks !

Grappes de gamay le 8 septembre 2021, à quelques jours des vendanges, dans le vignoble de Fleurie.

 

Ne racontons pas d’histoire ! Le vignoble du Beaujolais a été globalement moins touché que la Bourgogne par le gel de début avril (températures moins basses, pas ou très peu de neige, de pluie, la fameuse nuit du 6 au 7 avril…), mais il n’a pas été totalement épargné, loin de là et il n’est également pas passé à travers les grosses gouttes des mois de juin et juillet. Les vignes ne sont pas partout très belles et les raisins pas toujours dans un état sanitaire parfait, mais voilà, il n’a quasiment pas plu depuis un mois à tel point, et on a du mal à le croire aujourd’hui, que quelques vignes commencent même de ressentir les effets d’un début de sécheresse. Un début… Bref, ce temps béni du mois d’août et de début septembre a, comme en Bourgogne, assaini la végétation, l’atmosphère, les raisins, tué dans l’oeuf les premiers foyers de pourriture et il ne manque d’un dernier coup de pouce de la météo pour faire d’un scénario catastrophe fin juillet, un bon, voire peut-être même très bon millésime dans certains secteurs.

 

Avoir de l’ambition en cuverie

 

Un coup de pouce de la météo… “et de l’ambition dans les vignes et en cuverie. Nous avons relevé hier (le 7 septembre), 11,8 degrés en Moulin à Vent Le Carquelin, qui est un lieu-dit précoce, mais Rochegrés qui est plus tardif n’est pas très loin avec 11,2-3. Nous allons commencer de vendanger le 14 septembre dans les secteurs précoces et cela va s’étaler sur deux bonnes semaines. Les degrés ne devraient pas poser de problème, mais il faudra également être guidé par le goût des baies, faire attention aux équilibres, trier les raisins finement, égrapper sans doute car je ne suis pas sûr que l’on ait cette année des rafles aussi mûres qu’en 2018 ou 2020. Quant aux rendements, j’ai l’espoir de faire 35-40 hl/hectare (ha) de moyenne sur le domaine, mais c’est tellement hétérogène d’une parcelle à l’autre, de 20 à 40-45 hl/ha, que c’est très difficile sur un domaine comme le notre qui couvre 78 ha d’avoir une vision globale”, explique Cyril Chirouze, le régisseur du Château des Jacques.

Un peu plus au sud, David Duthel (domaine Ruet) va débuter dès le 13 septembre. “Ma parcelle de Brouilly Voujon n’a pas gelée du tout ; la récolte est superbe et elle sera bientôt prête à couper, mais il y a de tout ; dans d’autres parcelles, le tableau est très différent, il faudra attendre encore un peu et faire attention au tri”.

 

La vigne a eu froid

 

A Juliénas, Vincent Rollet (Domaine du Granit Doré) met l’accent sur le gel de début avril. “Les températures ne sont pas descendues très bas chez nous, à peine en-dessous de 0, mais la vigne a quand même eu froid ; la sortie de grappes est donc très hétérogène et je crains qu’il y ait au moins un tiers de perte de récolte, voire plus, sur le domaine. Je ne vais sans doute pas commencer de vendanger avant le 20 septembre”. A Fleurie et cela confirme qu’hétérogénéité pourrait bien être le mot clef du millésime 2021, Florent Berrod (Domaine des Fonds) va commencer dès le 17 septembre. “Dans les zones exposées plein sud, comme ici en face du domaine (lieu-dit le Vivier, à Fleurie) il y avait déjà ce matin (le 8 septembre), 12,5 degrés alors il va bientôt falloir vendanger ; ceci étant dans la Chapelle des Bois, sous la Madone de Fleurie, il va falloir attendre une semaine au moins en plus. Quant à la perte de récolte, je ne pense pas qu’il y ait chez nous plus de 15-20% de dégâts liés au gel , aux maladies, mais avec de gros écarts d’une parcelle à l’autre”.

 

Un millésime coloré

 

Florence Hertaut, conseillère viticulture-œnologie à la chambre d’agriculture du Rhône pilote le réseau maturité du Beaujolais qui compte 186 parcelles. Entre les deux derniers prélèvements effectués les 6 et 9 septembre, la maturité a progressé en gamay à un rythme moyen soutenu de 0,25 degré par jour ; aujourd’hui dans 31% des parcelles on relève plus de 11 degrés et dans 18%, plus de 11,5. Les vendanges vont donc logiquement commencer dès le milieu de semaine prochaine dans les terroirs précoces. Sur l’ensemble du réseau, la perte de récolte est estimée à 30% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. La quasi absence de pluie depuis le 12 août a stabilisé l’état sanitaire des raisins qui est bon à ce jour. Quant au potentiel des raisins, l’indice couleur réalisé par la Sicarex Beaujolais place 2021 à un niveau proche, voire supérieur à 2019 ; les 2021 devrait donc être bien colorés et comme le potentiel anthocyanique (couleur) est souvent corrélé au potentiel polyphénolique (tanins, structure du vin) global, on peut avoir de très belles surprises en gamay en 2021, mais ce sont les derniers jours de maturation qui, comme toujours, vont faire la différence…

 

Christophe Tupinier

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