Accueil Actualités Les affranchies !

publié le 13 avril 2018

Les affranchies !

 

Vous
êtes toutes les trois aux
commandes du domaine familial. Comment en êtes-vous arrivées là ?
Sophie Cinier : Je me destinais à
faire du commerce, si possible à l’export. En 1997, mes parents m’ont proposé
de reprendre l’exploitation et les vignes familiales qui étaient louées en
fermage jusque-là. À part
le foncier, il n’y avait rien. J’ai passé un BTS de viticulture/oenologie au lycée
de Davayé pour reprendre le domaine en 2000 et j’ai fait ma première
vinification en 2005, un peu frustrée de vendre mes raisins jusque-là.
Virginie Taupenot : Jeune, je ne
voulais pas faire ce métier. J’ai eu un déclic à 20 ans, quand j’étais à Tokyo.
En allant rendre visite à un importateur et en dégustant, j’ai ressenti le
manque de la Bourgogne
et à mon retour, j’ai dit
à mon père que je voulais faire une formation plus technique dans le vin. J’ai
commencé à travailler avec lui en 1996.
Lorraine Senard : Après plusieurs
expériences à l’étranger, je suis revenue au domaine en 2005. Mon père est
tombé malade la veille des vendanges donc il a fallu assurer. En 2007, il a
organisé une dégustation avec des amis et des gens du village qui ont goûté mon premier millésime. Ça
a été un moment très émouvant car devant les invités, il m’a dit « tiens, je te confie les clés ».
Il
y a une majorité d’hommes dans le monde viticole. Cela a été difficile pour l’association
de trouver sa place ?
VT : Au début, il y a eu des railleries, du
genre « tiens, il y a le MLF du vin qui se crée », mais petit à petit, la reconnaissance est
arrivée. En 2010, la Confrérie
des Chevaliers du Tastevin nous a demandé de faire une intervention pour le
chapitre des Roses. Ils nous ont fait confiance, sans demander à relire notre
discours. L’association est là aussi pour revendiquer la place des femmes dans
le milieu du vin qui n’est pas toujours simple.
SC : La phrase « je ne suis
pas féministe mais » m’insupporte. Si on défend nos valeurs, on assume. Avec tout ce qui
se passe en ce moment, on a des choses à dire, à revendiquer. Pour autant, nous ne sommes pas des
féministes des années 1970,
sans arguments. On veut simplement la reconnaissance de notre place et de notre
travail dans un milieu qui à l’origine n’était pas féminin.

Justement,
depuis quelques mois la parole des femmes s’est libérée pour dénoncer le
sexisme et même le harcèlement dont elles ont pu être victimes. Avez-vous déjà
été confrontées à cela dans votre métier ?
VT : C’est dans des situations du
quotidien que l’on vous fait ressentir que vous êtes une femme. Récemment, j’ai participé à une
formation obligatoire sur les produits phytosanitaires. Il y avait une
trentaine de personnes, des agriculteurs et des viticulteurs, et au moment du
tour de table pour se présenter, mon voisin de table a pris la parole après mon
père, sans tenir compte de moi qui était entre eux deux !
SC : Pour moi, c’est un acte manqué qui est
très révélateur. Mais il y a quand même des hommes qui se disent « je vais
faire taire mes préjugés et faire attention ».
LS : Heureusement, il y a des hommes pour qui
c’est inné et qui s’adressent d’abord à des professionnels, peu importe
leur sexe.

Propos recueillis par Elisabeth Ponavoy

Il reste les deux-tiers de l’interview à lire. Vous pouvez acheter le numéro 140 de Bourgogne Aujourd’hui et/ou vous abonner.

D’autres articles qui pourraient vous intéresser

La 161e vente des vins des Hospices de Beaune a battu tous les record notamment avec la

Toujours plus aux Hospices de Beaune !

Qui a dit que les arbres ne montaient pas au ciel ? Aux Hospices de Beaune, si ! Le prix moyen de la cuvée a augmenté cette année de 85% par rapport à 2020 et la pièce de Charité a atteint un nouveau record à 800 000 euros. Stop ou encore ?

23 novembre 2021

J-5 pour la vente des vins des Hospices de Beaune !

La 161ème vente des vins des Hospices de Beaune aura lieu ce dimanche. Ludivine Griveau fait le point sur une ambiance festive retrouvée et sur le millésime 2021.

16 novembre 2021

Les Beaujolais Nouveaux 2021 arrivent !

Les Beaujolais Nouveaux 2021 arrivent dans quelques jours, tout en finesse et en fruit.

12 novembre 2021

Nos derniers magazines