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publié le 10 avril 2018

Moulin-à-Vent : Que justice soit rendue !

 

Nous n’allons pas vous
resservir une fois de plus l’histoire (vraie…) de ces vieux tarifs de maisons
de négoce bourguignonnes qui dans l’Entre-deux-guerres et même encore après la Seconde Guerre
mondiale, affichaient des
prix très proches pour des
moulin-à-vent et des villages réputés de la Côte de Nuits, comme
Nuits-Saint-Georges et Vosne-Romanée. On ne refait pas l’Histoire, et il faudrait un livre pour en
expliquer les raisons, à condition que tout le monde
soit d’accord, mais toujours est-il que les chemins de ces appellations se sont
séparés depuis… Moulin-à-Vent
n’a pas suivi le rythme, même s’il nous semble que le cru bénéficie aujourd’hui
encore d’une aura particulière dans le Beaujolais. Ses vins sont globalement les
plus chers de la région (plusieurs cuvées frôlent, voire dépassent les 20 euros la bouteille ce
qui est beaucoup plus
rare ailleurs) et il en est de même de ses vignes dont les prix ont flambé ces
dix dernières années avec l’arrivée d’investisseurs extérieurs, bourguignons,
mais pas que. Et que l’on ne nous dise pas que des noms de terroirs comme Champ de Cour, La Rochelle, Carquelin, Les Thorins
ou encore Rochegrès ne raisonnent pas à l’oreille des amateurs de vins, de tous
les vins.

Une fois que le dossier
préalable de reconnaissance administrative des limites du cru par l’INAO sera
bouclé, ce qui ne devrait plus tarder, les vignerons vont s’atteler à la
question de la délimitation de leurs climats et quelques pistes sont déjà sur
la table. Le cru compte à ce jour 70 climats cadastrés et l’idée pourrait être
de construire un dossier sur la base de vingt-cinq à trente climats représentant 80 % environ de la
surface totale du cru. Un point de départ… « vingt-cinq à trente climats, cela correspond tout
simplement aux noms que l’on retrouve régulièrement sur les étiquettes. Ce
n’est rien d’autre que la réalité », argumente Cyril Chirouze, le
régisseur du Château des Jacques et coresponsable de cette commission climat au sein du cru avec son
président Bruno Pin. Pour prendre en compte les dégustations de Bourgogne
Aujourd’hui au cours de ces trois dernières années, 37 %
des échantillons présentés sur le millésime 2016 portaient un nom de climat, 41 %
en 2015 et 40 % en 2014 ; on ne trouve que Morgon pour faire mieux avec respectivement 46, 49
et 51 % d’étiquettes mentionnant un nom de terroir.

Pour avancer dans leur
démarche, les vignerons vont avoir plusieurs outils à leur disposition :
une carte géologique réalisée en 2014, les travaux des anciens qui dans les
années 1970 et 1980
avaient déjà répertorié les climats. Le ressenti des vignerons sera également
pris en compte notamment pour les climats les plus vastes où des décisions
devront être prises collectivement pour décider de garder tout ou partie des
surfaces. Des dégustations seront menées avec des personnes extérieures à la
production pour définir verre en main les styles des vins issus des différents
climats.

« Il existe une
histoire ancienne entre Moulin-à-Vent
et la notion de revendication des noms de climats par les domaines et maisons
de négoce. Il nous semble donc qu’il serait juste logique que ces climats soit
officiellement reconnus par rapport à l’histoire du cru », estime
Cyril Chirouze, qui poursuit : « De plus, cela ne pourrait
qu’encourager les vignerons à avoir une approche de plus en plus parcellaire de
leur travail, à la vigne et en cuverie. Enfin, cela aurait le mérite de
rappeler que nos terroirs sont tout aussi complexes que ceux de la Bourgogne. »

Christophe
Tupinier

Il vous reste les trois-quarts du dossier sur moulin à vent à lire ! Pour découvrir les spécificités des meilleurs terroirs de l’appellation et de leurs vins, vous pouvez acheter le numéro 140 de Bourgogne Aujourd’hui et son supplément Beaujolais Aujourd’hui n°20 et/ou vous abonner.

Repères
Départements : Le cru Moulin-à-Vent
est à cheval sur le Rhône (69) et la Saône-et- Loire (71).
Superficie
en production (millésime 2017) : 634 hectares, 334 environ
sur Romanèche-Thorins et 300 sur Chénas.
Altitude
du vignoble : 190 à 420 mètres.

Climats : 70 (plus Rochegrès), dont 53 sur Romanèche-Thorins. 25 à
30 sont régulièrement revendiqués sur les étiquettes.

Commercialisation : Un tiers environ de la production est mis en bouteilles à la propriété.

Un
caveau collectif de vente ouvert face au moulin (Tél. 03 85 35 58 09).

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