Jean-Marc Burgaud : Monsieur Côte du Py !


04/05/2020

Jean-Marc Burgaud est le plus gros exploitant (7 hectares) sur la fameuse Côte du Py de Morgon, l’un des climats les plus célèbres du Beaujolais. C’est également un domaine qui aujourd’hui vend la quasi-totalité de ses vins en bouteilles.


La Côte du Py (cru Morgon) est l'un des lieux-dits, pour le pas dire le lieu-dit, le terroir, le plus connu du Beaujolais. Il est également l'un de plus présents sur les étiquettes puisque sur les 134 échantillons de Morgon présentés lors de notre récente dégustation des crus 2018 (résultats dans BA 152), près de 25 portaient le nom Côte du Py. Jean-Marc Burgaud est l'un des producteurs emblématiques sur le secteur. Retrouvez ci-dessous l'article que nous lui consacrons dans le cahier Beaujolais du dernier Bourgogne Aujourd'hui. Il reste également à lire dans ce numéro 152 les commentaires sur la belle dégustation verticale de son morgon Côte du Py cuvée "ronde", que Jean-Marc Burgaud avait organisé, de ses débuts en 1992 à aujourd'hui.


Avec 7 hectares de vignes en exploitation, Jean-Marc Burgaud est l'un des plus gros exploitants dans le climat emblématique de la Côte du Py de Morgon, dont il explore toutes les facettes avec ses diverses cuvées. La cuvée « de base » provient en effet de 4,5 hectares plantés tout en haut de la Côte, autour de la Croix, 30 ares d'une parcelle située près du domaine une petite centaine de mètres plus bas et 1,20 hectare en milieu de côte, plein sud, au coeur du hameau de Morgon ; l'hectare restant sert à produire deux cuvées parcellaires : La Croix (cuvée James, depuis le millésime 2000), 50 ares plantés en 1965 juste devant la Croix qui trône à 353 mètres au sommet de la Côte du Py et Javernières (depuis 2007), 50 ares exposés plein Est et plantés la même année. L'une des chances de Jean-Marc Burgaud est d'ailleurs d'avoir entre ses mains un formidable patrimoine de vieilles vignes plantées entre 1940 et 1974, avec peu de clones, des vignes qualitatives à haute densité (9 000 à 10 000 pieds/hectare), taillées en gobelet « classique » et résistantes notamment aux maladies du bois ; il s'efforce de les préserver en privilégiant les repiquages des pieds morts aux arrachages.

Mise en bouteilles dès 1989

Originaire de Lantignié, d'une famille de vignerons Jean-Marc Burgaud est arrivé à Morgon en 1989 en reprenant des vignes d'un grand oncle et en se mariant à une fille du village ; 3 ans plus tard (1992) il reprend d'ailleurs 5 hectares de vignes de la famille de son épouse pour porter la taille de son domaine à 9 hectares, dont les 5 hectares du Py autour de la Croix qu'il exploite toujours aujourd'hui. La décision de mettre ses vins en bouteille sera immédiate, avec 4 000 cols dès 1989, une progression en douceur et un vrai décollage en 1999 suite à la rencontre avec un importateur américain ; le domaine couvre alors 12 hectares, il va commercialiser 20 000 bouteilles de l'excellent millésime 1999 et le train est sur les rails. Le domaine va continuer de s'agrandir en reprenant des vignes à Lantignié, à Morgon, pour arriver aux 18 hectares actuels et à la commercialisation de la quasi-totalité de la production en bouteilles (100 000 en année normale) depuis 2009. « Cela m'a permis de traverser la crise, mais je ne fais pas le malin pour autant. J'ai eu de la chance de rencontrer les bonnes personnes aux bons moments », ajoute Jean-Marc Burgaud.

Vinifications traditionnelles

A la vigne, il s'efforce de suivre la tendance « environnementale » actuelle et développe depuis plusieurs années le travail du sol en surface avec des outils adaptés... et les difficultés liées à ces plantations basses en gobelet. L'oïdium est traité à 100% au soufre et le mildiou au maximum au cuivre ; aucun traitement anti-pourriture n'est utilisé et les engrais sont organiques. En vinification, Jean-Marc Burgaud reste fidèle depuis ses débuts à la tradition beaujolaise : en vendange entière (sauf sur une parcelle de Grand Cras) refroidie un peu (23, 24 degrés) mais seulement si la vendange rentre trop chaude comme en 2015 ou 2018 et ensuite une macération semi-carbonique à 25-28 degrés, pas plus, avec un remontage par jour. « J'ai toujours considéré que la semi-carbonique autour de 25 degrés, sans prémacération à froid ni à chaud, était la meilleure façon d'exprimer dans les vins les nuances des terroirs du Beaujolais. Les techniques sont donc les mêmes pour toutes les cuvées et seule la durée de macération varie ; une semaine environ en beaujolais-villages et deux en Côte du Py, mais depuis 2009 c'est moins systématique et cela dépend vraiment du millésime », précise le vigneron. Les élevages se font majoritairement en cuves bétons (à l'exception des deux cuvées parcellaires) sur une dizaine de mois pour la Côte du Py, mais le vigneron n'exclut pas d'utiliser dans un avenir proche des fûts âgés pour élever une partie de la cuvée « ronde » de Côte du Py : « pour affiner encore le travail, pour aller plus loin ».

Textes : Gilles Trimaille et Christophe Tupinier


Repères

Domaine de 18 hectares environ.

Gérant : Jean-Marc Burgaud.

Appellations : morgon Côte du Py (7 ha), morgon Les Charmes (1 ha), morgon Grands Cras (3,5 ha), régnié (90 ares), beaujolais Lantignié rouge (4,6 ha) et beaujolais-villages blanc (80 ares).

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