Raisins de pinot noir où la véraison a bien avancé ces derniers jours.

Vendanges 2026 : il reste la danse de la pluie !

Le vignoble souffre de la chaleur, de la sécheresse, mais la véraison progresse et il tient globalement le coup… en espérant quelques pluies avant les vendanges. 

« J’étais parti quelques jours et en rentrant lundi, j’ai eu l’impression que la véraison avait bien avancé pendant le week-end », assure Damien Jacob, vigneron à Ladoix-Serrigny, rencontré hier. Et il est vrai qu’en parcourant les vignes de la côte de Nuits à la Côte Chalonnaise, il nous a semblé que les raisins de pinot noir avaient pris des couleurs ces derniers jours.

Alors, le constat n’est pas général, certains secteurs aux sols pauvres, très calcaires, très filtrants, les jeunes vignes, sont bloqués, souffrent de la sécheresse, mais globalement, le vignoble semble tenir le choc, la véraison (passage des baies du vert au bleu très visible dans tous les cépages rouges) avance doucement mais surement et certains, à l’image de Bernard Bouvier (domaine René Bouvier), vigneron à Marsannay, fixent la fin août comme top départ des vendanges : « nous allons sans doute commencer avec une petite équipe dans les secteurs précoces vers le 27-28 août et poursuivre quelques jours plus tard avec une plus grosse équipe ».

Chablis au régime sec

Voire des vendangeurs dans les vignes dans un mois ne semble donc pas impossible en précisant qu’avec la météo méditerranéenne extrême de 2026 beaucoup de choses vont dépendre des semaines à venir et surtout de cette pluie redoutée habituellement à cette période de l’année, mais désespérément attendue en 2026.  Les quelques dizaines de millimètres tombés de façon très irrégulière (plus de 50 mm dans certains secteurs des Hautes-Côtes, mais moins de 10 mm dans le Chablisien) vers la mi-juillet ont globalement fait du bien, mais ils n’ont pas été suffisants et ne suffiront pas pour aller au bout et permettre aux raisins de mûrir dans de bonnes conditions.

La vigne n’aime ni l’excès, ni le manque d’eau… Et Luc Pavelot, vigneron à Pernand-Vergelesses s’interroge pour sa part sur les conséquences de cette sécheresse sur un végétal qui souffre déjà depuis quelques années de phénomènes de dépérissements. Le végétal… et les animaux sauvages, cerfs, daims, sangliers… qui, selon les témoignages de plusieurs vignerons, n’hésitent pas manger des raisins encore verts pour avoir un peu d’eau.

Les vignes plantées sur des sols caillouteux, légers, filtrants, comme ici dans les bas de Beaune souffrent terriblement en 2026.

 

Bordure de vigne grillée par le soleil.

 

« L’urgence est de ne rien faire, ne pas toucher les sols pour conserver le frais, ne pas stresser la plante en coupant les apex, laisser les couverts pour ne pas accentuer la chaleur », explique Emmanuel Guillot (domaine Guillot-Broux, dans le Mâconnais) sur son compte Instagram reprenant un avis général chez tous les vignerons contactés et s’il est éventuellement envisageable de faire quelque chose, pour celles et ceux qui y croient, c’est la danse de la pluie.

Car il est clair aujourd’hui que si le mois à venir s’écoulait comme le précédent, c’est à dire quasiment sans une goutte d’eau, alors on se demande un peu ce que vont récolter les vignerons de Bourgogne, du Jura, du Beaujolais, etc. En revanche, rêvons un peu, si par bonheur, 40, 50 mm venaient à tomber autour du 10-15 août*, en petite pluie régulière, sur deux ou trois jours, sans grêle surtout (Marsannay, la côte de Beaune, le Mâconnais et le Beaujolais ont déjà donné), suivis du retour du soleil, sans chaleurs excessives, un grand millésime serait alors possible. Rêvons un peu…

 

*Voire un peu avant selon quelques commentaires de vignerons reçus hier soir…

 

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