Autant Pommard, aux portes de Beaune, semble alanguie au pied des coteaux, autant Volnay, sa voisine, s’accroche à la colline. Ses rues étroites et pentues, encerclées par les vignes, montent à l’assaut du mamelon boisé qui domine la plaine beaunoise et, au-delà, la vallée de la Saône. Le minuscule village abrite deux restaurants de bonne qualité (voir en pages suivantes), mais on y rencontre surtout des vignerons très exigeants, qui ont à cœur de défendre la réputation de leurs vins. En témoigne cette décision récente de l’ODG (Organisme de Défense et de Gestion) interdisant, dès cette année, l’utilisation de désherbants chimiques dans les premiers crus. Une première en Côte-d’Or et à notre connaissance, seules à ce jour les appellations Pouilly-Fuissé (depuis 2020), Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles (depuis 2024), dans le Mâconnais, imposent la même règle dans leurs cahiers des charges pour les premiers crus !
En 2023, et plus encore en 2024, Volnay se montre à la hauteur de la réputation mondiale de ses vins. En témoignent les résultats de notre sélection, marquée par des 2024 dont la qualité se révèle bien supérieure à l’image de ce millésime très compliqué au plan météorologique (plus de 82 % de réussite dans les premiers crus !). « La clef, c’était la patience. Il ne fallait pas se précipiter pour vendanger car les raisins délavés par les pluies n’étaient pas mûrs » témoigne Hubert Rossignol, responsable technique du Domaine de la Pousse d’Or (huit vins sur huit sélectionnés, avec notamment la meilleure note des premiers crus 2024). Le domaine a récolté ses volnays en six jours, à partir du 19 septembre. « Presque une semaine après tout le monde », affirme le technicien ; après tout le monde ? non, après beaucoup, c’est en effet le cas. Les raisins, globalement sains grâce à la pratique systématique de l’effeuillage, approchaient les 13°, exigeant peu de chaptalisations. Alexis Delagrange, dont le domaine sera certifié bio dès cette année, insiste de son côté sur la faiblesse des rendements en 2024 (dix-huit hectolitres par hectare), un facteur déterminant de la qualité. « Les vins offrent une bonne lecture des terroirs, ils se montrent juteux, souples, gourmands, ce sont de vrais volnays » affirme-t-il. Benjamin Leroux, vigneron et négociant à Beaune, abonde : « ce millésime s’est révélé très éprouvant, demandant beaucoup de sélections, mais on n’a rien lâché. Dès la réception des raisins, j’ai eu confiance, et, au final, 2024 constitue une très bonne surprise ».