Vous avez remporté ce 29 juin le titre de Meilleur Sommelier de France. Après plusieurs tentatives, qu’est-ce qui vous a permis de l’emporter cette fois ?
Je pense que j’étais plus mûr cette fois-ci. Lors des précédentes éditions, il m’a manqué de l’expérience. C’était tout de même éreintant : l’organisation avait choisi un format court, les demi-finales et les finales se sont enchaînées sur deux jours, il y a eu énormément de tension. Il m’a fallu trois à quatre jours pour m’en remettre !
Comment a réagi votre père Fabrice Sommier, Meilleur Ouvrier de France Sommellerie 2007 et président de l’Union de la Sommellerie Française ?
Il était très fier, bien sûr. C’est lui qui m’a remis le prix. Je dois préciser à son propos qu’il m’a toujours laissé libre dans mon parcours. Il ne m’a pas orienté vers le vin, il n’a jamais eu l’intention de créer une « dynastie » de sommeliers. Il a allumé l’étincelle de la curiosité et n’a pas rempli le puits lui-même. C’est probablement grâce à cette absence de pression que je me suis authentiquement intéressé au vin. Je lui en suis reconnaissant.
Comment vous êtes-vous entraîné ?
J’ai commencé à apprendre de manière intensive au moment du Covid. Je devais partir pour un poste en Afrique du Sud et la situation sanitaire m’a bloqué sur place. Mon père m’a suggéré de tenter les concours de sommellerie pour apprendre. C’est ce que j’ai fait. J’ai révisé de manière intense, avec des fiches, pendant un an. Et j’ai dégusté en parallèle dans une cinquantaine de domaines, en Bourgogne notamment. Et depuis, je n’ai pas cessé d’apprendre…
À cette époque, certains domaines ont-ils été des révélations ?
Les domaines Cécile Tremblay, Lafarge et La Pousse d’Or m’avaient particulièrement marqué à l’époque.
« Tout va vite chez les vignerons. Il est essentiel de rester à l’affût des changements de générations, de philosophie »
Vous aviez atteint les demi-finales du concours jeune en 2021 et 2023, puis la finale du concours en 2024. D’où vous vient cette appétence pour la compétition ?
De manière générale, il me faut des objectifs pour avancer. Mais au-delà, il me paraît essentiel de mettre en valeur notre métier, qui peut souffrir d’une mauvaise image. On considère parfois les métiers de la salle comme une voie de garage, alors qu’ils demandent un travail phénoménal, et peuvent représenter 50 % de la rentabilité d’un établissement. J’aimerais que les sommeliers aient de la visibilité, à l’instar des chefs.