À l’heure où nombre de chefs abandonnent la cuisine gastronomique et tournent le dos aux étoiles, leur préférant la bistronomie ou la cuisine de brasserie, moins risquées et plus rentables, Rémi Genot assume ses choix et poursuit son rêve. Biberonné à la haute cuisine depuis son apprentissage en 2014 auprès d’Éric Pras (Maison Lameloise à Chagny), il revendique sa quête du (des) macarons Michelin.
Meilleur Apprenti de France
Rémi Genot est un enfant de Pommard. Fils du boucher du village vigneron, il ne se voyait pas s’installer ailleurs pour donner libre cours à ses ambitions. En 2024, il a donc posé ses valises derrière le clocher de Pommard, dans une petite salle confortable (pas plus de vingt couverts), refaite du sol au plafond pour répondre aux codes de la cuisine gastronomique. « Pendant les dix années qui ont précédé mon installation, j’ai travaillé uniquement dans de grandes maisons » rembobine le jeune chef. Il cite Lameloise, Anne-Sophie Pic, le Chapeau Rouge à Dijon, la Pyramide à Vienne, Greuze à Tournus. Et il rend hommage à ses trois « chefs de cœur » : « Éric Pras m’a donné une vision de la cuisine, et il m’a appris à me remettre en question. Deux chefs de l’ombre, inconnus du public, Christian Née et Benjamin Pâtissier, m’ont bluffé par leur maîtrise technique ». Rémi Genot les a connus dans les cuisines de la Pyramide à Vienne (2 étoiles Michelin), alors qu’il était chef de partie.
De telles références orientent une carrière et nourrissent les rêves. Rémi Genot vise une étoile dans le Guide Rouge… pour commencer. Distingué « Jeune Talent 2025 » par Gault & Millau, il ne s’interdit pas de regarder plus haut, beaucoup plus haut. En sa qualité d’ancien Meilleur Apprenti de France, il caresse surtout une ambition ultime : réussir le concours de MOF. « Le col tricolore, c’est le Graal de tous les cuisiniers » sourit-il.