Lantignié © Etienne Ramousse / Interbeaujolais.

« Beaujolais is not dead »

Derrière le nom un brin provocateur de cette cuvée produite par le Domaine Chasselay, une analyse objective de la situation permet même de penser que le Beaujolais est loin d’être six pieds sous terre et qu’il a même de nombreux atouts dans sa manche pour tirer son épingle du jeu dans la crise actuelle du vin.

Comment se portent les appellations régionales du Beaujolais : Beaujolais et Beaujolais-Villages ? Dans un contexte national et international de crise dans le monde du vin, où des vignes s’arrachent dans de nombreuses régions, on peut dire que le Beaujolais ne se porte finalement pas si mal que cela. Pour en revenir aux « régionales », on peut tout d’abord observer un ralentissement dans les arrachages de vignes entre 2025 et 2024, avec une centaine d’hectares « seulement » en moins en Beaujolais, mais, pour la première fois depuis longtemps, un léger gain d’une petite trentaine d’hectares en Beaujolais-Villages. Bref, le gamay est loin d’être « mort et enterré » et il continue de plaire tout particulièrement à l’exportation puisque ces deux appellations qui représentent un peu plus de la moitié des surfaces en production, constituent les trois quarts des exportations. En résumé, les crus se vendent en France et les « régionales » à l’export.

Et la région ne manque pas d’atouts. Le gamay qui donne ces vins rouges sur le fruit, frais, concentrés mais pas trop, équilibrés, qu’affectionnent les consommateurs et qui se marie à toutes les cuisines et il est évident que le Beaujolais a aussi une carte à jouer en vins blancs. Que les Bourguignons ne paniquent pas, le chardonnay, quand il est destiné à produire des vins tranquilles, ne représente aujourd’hui (récolte 2025) que 534 hectares en production dans le Beaujolais, soit moins de 5 % de la production régionale et uniquement en AOC Beaujolais et Beaujolais-Villages ; les crus restent rouges à 100 %. De l’eau risque donc de couler sous les ponts d’ici à ce que le chardonnay représente près des deux tiers de la production régionale comme en Bourgogne. Toujours est-il que les vignerons du Beaujolais mettent en avant leurs vins blancs qui sont généralement vendus plus cher (tout en restant très, très abordables…), que leurs « régionales » rouges et parfois même que bien des crus. Dans cette région de vins rouges, les opérateurs ont dû acquérir une culture de production de blancs ; il nous semble que la qualité de ces blancs du Beaujolais est de plus en plus convaincante à chaque millésime et sur ce point, les 2024 sont très réussis (cf guide d’achat en pages suivantes).

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