Village de Saint-Aubin.

Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet, Saint-Aubin 2023, 2024 : Les deux faces de la médaille

Difficile d’imaginer millésimes plus dissemblables que 2023 et 2024. Mais dans la côte des blancs à la réputation mondiale, ces deux années aux profils opposés se situent globalement à un bon niveau. Suivez le guide.

Avouons-le : nous redoutions de déguster en 2024, année ô combien difficile et stressante pour les vignerons, des vins maigres, sans âme, issus de raisins pas assez mûrs. Nous en avons bien sûr croisé quelques-uns à l’occasion de notre sélection des chassagnes, pulignys et saint-aubin, mais les trois appellations, fleurons de la côte des blancs, ont globalement bien négocié ce millésime compliqué. Pierre-Henri Jouard (Domaine Vincent et François Jouard à Chassagne-Montrachet) parle d’une « année difficile », qui a nécessité énormément de présence dans les vignes. « Après un hiver 2023-2024 très doux, la pluie s’est mise à tomber, engendrant une attaque de mildiou précoce et très dynamique. Pluie et fraîcheur ont marqué le printemps et la quasi-totalité de l’été, avec un volume de précipitations deux fois supérieur à la moyenne. Il était impossible de labourer ces sols gorgés d’eau et les maladies progressaient à grande vitesse » se rappelle le vigneron. Le domaine (en agriculture raisonnée) a dû effectuer treize traitements en 2024, au lieu de huit habituellement !

Jean-Michel Chartron (Domaine Jean Chartron à Puligny-Montrachet) se souvient lui aussi d’une année « compliquée », marquée par une maturité tardive. « Par rapport à 2023, nous avions trois semaines de retard, avec une récolte entamée le 14 septembre ». Comme des parents aimants d’un enfant turbulent, les vignerons que nous avons rencontrés ont tous un faible pour leurs 2024. « J’aime beaucoup ce millésime, qui présente un bel équilibre. Les vins ont de la fraîcheur, du dynamisme, ils renouent avec la tradition des bourgognes classiques » plaide Sabine Mollard (Domaine Marc Morey, à Chassagne-Montrachet). Ajoutons qu’en 2024, les parcelles en coteau, aux sols minces retenant moins l’humidité, ont été moins attaquées par le mildiou et ont souvent produit les meilleurs vins. « Ma vigne de Virondot (NDLR : premier cru de Chassagne), située tout en haut de coteau, a souffert de la chaleur en 2023. Elle s’en sort beaucoup mieux en 2024 » ajoute la vigneronne.

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