Thomas Bouley a repris le domaine familial en 2002.

Jean-Marc et Thomas Bouley : le bon sens paysan en exemple

Nous avons l’impression de connaître Thomas Bouley depuis les débuts de Bourgogne Aujourd’hui en 1994, alors qu’il n’a même pas encore soufflé ses quarante-cinq bougies. Dans cette génération dont nous parlons tant dans nos pages et qui a secoué le cocotier, Thomas Bouley fait incontestablement partie des vignerons écoutés et respectés. Un exemple, pour ne pas dire un modèle…

Avec Thomas Bouley, une fois passés les échanges cordiaux de bienvenue, notre rencontre a aussitôt débuté par un tour dans la vigne qui borde le domaine. Histoire d’échanger sur la taille, d’égrainer une poignée de terre pour illustrer un sol bien aéré, vivant et non compacté et pour parler plus globalement d’agronomie, la grande priorité de Thomas depuis 2002, année où il a véritablement pris en main le domaine familial.

Thomas, 4ème génération, a succédé à Jean-Marc, son père, arrivé en 1974. « Il a véritablement développé la commercialisation en bouteilles, investi toute sa carrière dans des bâtiments, des vignes, pour atteindre une surface de dix-sept hectares, puis douze en 2001 et sept à mon installation en 2002 suite à la perte de cinq hectares en fermage. Grâce à lui, j’ai hérité d’un beau patrimoine de vignes, d’installations à Volnay où j’ai pu faire la cuverie 100 % inox en 2016. Cela me permet de tout avoir au même endroit et d’avoir aujourd’hui un confort de travail énorme », explique Thomas. Jean-Marc produisait déjà de beaux vins, avec une attention toute particulière portée à la maîtrise des rendements, en soignant ses vinifications et ses élevages longs de deux hivers. « Je ne fais plus de soutirage, mais je garde cette logique d’élevages longs. Cela peut sembler paradoxal, mais dans des millésimes plus tendres comme 2021 ou 2023, le deuxième hiver sur lies remplit vraiment les vins et à l’inverse dans des millésimes très concentrés, très mûrs, comme 2022, ils s’affinent ». Thomas s’est installé en 2002, mais suite à un souci de santé de son père il a été plongé dans le bain dès le millésime 2000. « Mon père a eu une sciatique paralysante. Il était couché, alors je n’ai pas eu le choix. J’avais 18 ans. J’ai fait des bêtises, c’est comme cela que l’on apprend, mais je savais ce que je voulais et cela restera une bonne expérience. Même si j’ai vinifié 2000, je considère que 2002 est mon premier vrai millésime dans la mesure où j’ai pu tout maîtriser de la vigne en montant la hauteur de rognage, en arrêtant complètement le désherbage chimique, les anti-pourritures… ».

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