Vente aux enchères de vieux clavelins lors de Percée du Vin Jaune (©Ph.Trias/Le Progres/MaxPPP).

Dossier : des enchères pas marteaux !

En dehors de quelques ventes aux enchères d’exception, des milliers de bouteilles sont adjugées chaque année, en ligne ou en salle, lors de ventes accessibles à tous. Chacun peut y trouver son bonheur, souvent à partir de 10 ou 20 euros. Comment y participer ? Quelles maisons de vente choisir ? Comment faire de bonnes affaires tout en évitant les mauvaises ? Ce dossier sera votre guide.

Un paradoxe. Dans un marché mondial du vin qui s’enfonce depuis plusieurs années dans la crise, entre mévente et surproduction, la vente de bouteilles aux enchères se porte mieux que jamais. Elle achève même un « boom ». « En 2014, le marché ne pesait que 37,5 millions d’euros. En 2024, il atteint 97 millions d’euros* », dévoile Pierre Taugourdeau, secrétaire général du Conseil des Maisons de Vente.

Et ce n’est pas Lionel Cuenca qui le contredira. Le cofondateur d’iDealwine a commencé à proposer des enchères en ligne sur ce site en 2005. Depuis, l’entreprise est devenue le leader hexagonal. « Pour la seule année 2024, un équivalent de 260 000 bouteilles a été adjugé sur notre plateforme. Ce qui représente une bouteille vendue aux enchères sur trois en France », se félicite-t-il. La multiplication est vite faite : il s’adjugerait donc près de 800 000 flacons par an en France.

 Une digitalisation massive

Ce géant du secteur n’est pas le seul à en capter la croissance. Constatant le succès du vin dans leurs salles, nombre de maisons se sont dotées d’un département dédié. C’est le cas d’Alexandre Landre, commissaire-priseur beaunois et fondateur de la maison du même nom. « Dans notre métier, le vin est le secteur le plus porteur depuis une vingtaine d’années. Sur ce produit, notre chiffre d’affaires a augmenté de 96 % entre 2021 et 2024 ». Dans ce contexte, la maison a renforcé ses équipes, qui comptent désormais « trois personnes dédiées au vin à temps plein en plus des commissaires-priseurs, et de nouveaux entrepôts de stockage. »

D’où vient ce succès ? « La digitalisation de notre secteur y est pour beaucoup », reconnaît Pierre Taugourdeau, « tout le monde s’y est mis, maisons historiques comprises, car le vin s’y prête particulièrement bien. Pas besoin de voir la bouteille pour enchérir sur une Romanée-Conti. Aujourd’hui, plus de trois quarts des ventes sont numériques. En 2019, c’était moins de 40 %. »

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