"On se défonce pour faire des bons vins !"

« On ne va pas raconter n’importe quoi et dire que 2024 est un millésime d’anthologie, sinon plus personne ne nous croira quand cela sera vraiment le cas. En revanche, on s’est battu toute l’année et on continuer de se défoncer pour produire de bons 2024 ». Une vendange, c’est un peu comme un match, tant que le coup sifflet final n’a pas été donné… hors de question de se relâcher, qui plus est pour clore une année aussi « compliquée », le mot est faible, qui peut quasiment se résumer en un chiffre : 87, pour 87% de pluviométrie en plus qu’une année normale, avec tout ce que l’on peut imaginer comme problèmes divers et variés, et ce dès les premiers mois de l’année pour simplement effectuer des plantations, entretenir des contours de vignes ou encore épandre les composts les pieds dans l’eau et la boue…
Une vraie force de frappe
« Semaine après semaine, on se disait qu’il allait bien finir par arrêter de pleuvoir et bien non, il en arrivait encore ; je tiens d’ailleurs à saluer le travail de toute l’équipe et notamment des 23 salariés-vignerons des Hospices. Quand il a fallu aller traiter un jour férie, un samedi, un dimanche, parce qu’il n’y avait pas d’autres fenêtre météo et bien ils y sont allés comme un seul homme ; nous pouvons traiter tout le domaine en une demi-journée et c’est une vraie force de frappe », assure Ludivine Griveau, régisseur des 53 hectares en production (sur 60 au total) du domaine des Hospices de Beaune. Au final, les Hospices vont produire une toute petite récolte, 15 à 30 hl/ha selon les parcelles en pinot noir, un peu plus en chardonnay, « grignotée » tout au long de l’année par le froid du mois de mai, au cours duquel des raisins ont filé, puis par une mauvaise floraison et enfin par le mildiou, mais il nous semble que Ludivine Griveau a fait le bon choix de dates de vendanges pour en optimiser le potentiel.
Un timing parfait
Après un « échauffement » mercredi de la semaine dernière, le 11/09, avec la récolte du Pouilly-Fuissé (Mâconnais) toujours plus précoce, le gros de la vendange du domaine des Hospices de Beaune, qui se situe en Côte-d’Or et particulièrement en côte de Beaune, a débuté vendredi dernier, le 13/09 par les pinots noirs précoces de Beaune et Volnay, avec des maturités moyennes de 12 à 12,5 degrés. Profitant du temps ensoleillé, sec, avec vent du nord, l’idéal, qui s’est installé sur la région, les Hospices on coupé les premiers blancs hier, poursuivent la campagne par les Cortons rouges, les Meursault blancs et termineront en fin de semaine, ce week-end, par les pinots noirs de la côte de Nuits et les chardonnays plus tardifs comme le Corton-Charlemagne grand cru. Un timing qui nous semble parfait compte tenu des aléas de l’année et que Ludivine Griveau justifie très simplement : « avant, ce n’était pas assez mûr, après, dans la dernière décade de septembre, la météo est souvent plus incertaine ». Pour ce qui est du style des vins, attendons un peu avant d’en écrire davantage tout en sachant que 2024 ne sera à coup sûr pas un millésime d’anthologie, mais que l’on y trouvera de façon tout aussi certaine, de bons, voire de très bons vins.
Christophe Tupinier

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