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Rémi Genot - Auprès du Clocher
La région des crus blancs du Mâconnais fait aujourd’hui partie des plus passionnantes de Bourgogne. La dynamique des premiers crus qui a déjà récompensé les pouillys (Fuissé, Loché et Vinzelles) occupe aujourd’hui le cru Saint-Véran et dans son sillage, le vignoble a considérablement « reverdi ».
par
Christophe TUPINIERle
« Nous sommes de plus en plus bourguignons », commente Vincent Nectoux, président du cru Saint-Véran, dans le Mâconnais, en réponse à une question toute simple : pourquoi le nombre de cuvées parcellaires se développe autant jusqu’à dépasser depuis quelques années les 70 % des échantillons présentés à nos dégustations (73 % des 97 vins du millésime 2023 présentés dans les pages suivantes) ? « Je vois deux raisons à cela. Le dossier des premiers crus lancés en 2010 en même temps que Pouilly-Fuissé, Loché et Vinzelles et que nous relançons depuis quelques années, motive les vignerons à mettre en valeur leurs lieux-dits. On observe également un changement de génération ; les jeunes ressentent davantage le besoin de se démarquer et cela passe notamment par la multiplication des cuvées parcellaires ».
Bref, c’est un véritable mouvement de fond dans les crus du Mâconnais que l’on observe partout. Dans le cru Pouilly-Fuissé et pour la première fois depuis l’officialisation des premiers crus en 2020, nous avons dégusté sur ce millésime 2023 davantage de premiers crus que de villages et au total, plus des deux tiers des vins présentés portaient un nom de climat. À Viré-Clessé, où le dossier premier cru est pourtant pour l’heure officiellement en stand-by, les vignerons s’y préparent quand même comme en attestent les nombreuses (60 % des 53 échantillons) cuvées parcellaires présentées à notre dégustation. Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles sont un peu en retrait sur cette dégustation avec 50 % environ d’étiquettes portant un nom de climat, mais les premiers crus sont arrivés sur le millésime 2024 et l’effet devrait vite se faire sentir.

Retour sur Saint-Véran, où le dossier des futurs premiers crus est manifestement pris à bras-le-corps avec un travail de fond pour répondre aux attentes de l’INAO : revendiquer de plus en plus les climats sur les étiquettes, mais aussi constituer et défendre le dossier de chaque premier cru potentiel. Sur les 740 hectares aujourd’hui en production sur l’appellation Saint-Véran, 80 climats sont déjà revendiqués par au moins un producteur. « Tous ne seront évidemment pas retenus. Pour certains, comme Les Cras, où 80 % de la surface est revendiquée de longue date, on peut objectivement espérer que cela aboutisse, mais pour beaucoup de terroirs, on ne sait pas de quel côté la balance va pencher. Toujours est-il que nous devons faire une demande précise auprès de l’INAO en 2026 ou 2027 au plus tard, en donnant la liste des climats candidats au rang de premier cru », conclut Vincent Nectoux.
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