Meursault, des 2023 hétérogènes !

Globalement, les meursaults et meursaults premiers crus 2023 présentés à notre dégustation se montrent à la hauteur de la réputation mondiale de leur village d’origine. Mais les statistiques flatteuses masquent de fortes disparités dans la qualité des vins.

Commençons par un point rapide sur le millésime. 2023 restera dans les mémoires comme une année chaude et ensoleillée, marquée notamment par deux épisodes caniculaires, le premier fin juillet, le second, qui a duré plus de dix jours, fin août et début septembre. Patrick Essa (Domaine Buisson-Charles) évoque le millésime : « après une sortie de raisins très généreuse, la saison végétative s’est déroulée sans trop de problèmes liés aux maladies, mais le vignoble a été impacté, à Meursault et ses environs, par une grêle féroce nous ayant fait perdre au moins 20 à 25 % de notre récolte dans les meilleurs secteurs ». D’autres vignerons que nous avons rencontrés semblent avoir moins souffert de cet orage survenu à la fin du mois de juillet. Vincent Bouzereau signerait ainsi des deux mains pour connaître chaque année un millésime aussi réussi : « 2023 est chez moi un millésime exceptionnel, riche, solaire, mais avec du fond ». Le vigneron, comme d’autres parmi ses voisins, a été peu impacté par la grêle. Il revendique des rendements raisonnables, de cinquante à cinquante-cinq hectolitres par hectare, alors que le Domaine Buisson-Charles, qui visait quarante-huit hectolitres, a dû se contenter de quarante hectolitres par hectare !

Tout le monde, cependant, ne s’est pas montré aussi raisonnable. Certains domaines semblent avoir été débordés par la générosité de l’année, 2023 demeurant à ce jour le millésime le plus productif jamais enregistré en Bourgogne ! L’excès de volume – le chardonnay le supporte un peu mieux que le pinot noir, mais dans certaines limites- a produit des vins dilués, creux, indignes de leurs terroirs d’origine. S’ajoutent à cela les choix réalisés par chaque domaine en matière de pratiques culturales (bio ou non), de vinification et surtout de date des vendanges. À Meursault, où est né le débat sur la maturité des blancs, la question semble plus que jamais d’actualité. « Entre le premier et le dernier coup de sécateur dans le village, il s’écoule parfois plus de quatre semaines » relate un vigneron. Le Domaine Buisson-Charles, réputé pour sa pratique de vendanges tardives, estime pour sa part que « les raisins récoltés du 14 au 21 septembre se montrent plus frais, plus gorgés de sucs et mieux équilibrés que ceux coupés plus tôt ».

 

Croix dans le climat de meursault village Le Buisson Certaut.

 

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