Allez faire la fête à Chablis !


16/10/2017

La 69ème Fête des vins de Chablis se tiendra les 21 et 22 octobre, dans l'Yonne. L'occasion de (re)découvrir un vignoble et des vins blancs uniques en Bourgogne.

Une bonne idée pour le prochain week-end : La fête des vins de Chablis, créée en 1949 et dont l'édition 2017 se tiendra les 21 et 22 octobre, au centre de la petite ville de Chablis. Chablis, c'est la "success story" bourguignonne des 40 dernières années. Bien mal en point dans les années 60, le vignoble a retrouvé une nouvelle jeunesse avec l'apparition des systèmes de lutte contre le gel. Il n'a jamais cessé depuis de se développer et compte aujourd'hui plus de 5 500 hectares de vignes en production.

Chablis, c'est aussi un style de vin, unique en Bourgogne et sans doute dans le monde pour le cépage chardonnay, marqué par la fraîcheur, la pureté et des expressions minérales toute en finesse.

Renseignements : Office du Chablis - BIVB : Tél. 03 86 42 42 22 - bivbchablis@bivb.com

Retrouvez ci-dessous le dernier article sur les vins de Chablis publié dans le numéro 135 de Bourgogne Aujourd'hui.


Chablis s'enrichit !

Vieillissement des vignes, retour aux labours, vinification et élevage... Pour différentes raisons, les vins blancs de Chablis ont gagné en densité ces dernières années et ce, sans perdre leur identité minérale.

Nous entretenons quelques anciennes et amicales relations à Chablis et plus globalement dans l'Yonne que nous tenons à conserver. Précisons donc immédiatement que notre titre ne fait absolument pas référence à un supposé enrichissement financier excessif des vignerons de Chablis, ce qui serait bien mal venu après un millésime 2016 marqué par la grêle et le gel, et alors que le gel a encore fait de gros dégâts en ce printemps 2017, mais à des vins dont le style évolue vers davantage de densité, de corps. Nous voyons plusieurs raisons à cette évolution du style des vins de Chablis, qui se traduit d'ailleurs par des pourcentages de réussites de plus en plus élevés dans nos dégustations, comme en attestent ceux enregistrés pour les grands crus 2014 et premiers crus 2015 (lire en pages suivantes).

Commençons par le début : les vignes. Près de 200 hectares étaient plantés tous les ans il y a seulement une vingtaine d'années et le rythme des plantations s'est considérablement ralenti depuis. C'est mathématique, l'âge moyen des vignes augmente et on sait qu'une vieille vigne produit moins qu'une jeune. Le phénomène est accentué depuis dix à quinze ans par le retour des vignerons au travail des sols. Au début des années 2000, un visiteur avait devant des yeux le spectacle d'un vignoble chablisien largement désherbé chimiquement. La même personne qui revient aujourd'hui va constater la différence avec des sols de plus en plus labourés, travaillés « et on sait que le labour a notamment pour effet de réduire la vigueur d'une vigne et donc son rendement », assure Guillaume Vrignaud, vigneron à Fontenay-près-Chablis. Autre effet très positif des labours : redonner de la « dimension », de la vie aux sols, libérer la matière des terroirs et au final, apporter plus de peps, de tension, de fraîcheur aux vins, ce qui reste un élément oh combien essentiel dans l'identité minérale des vins de Chablis. Le cercle vertueux est donc enclenché dans les vignes et c'est un premier point essentiel dans l'évolution du style des vins de Chablis vers plus de richesse.

Le second facteur est évidemment climatique, avec une succession de millésimes chauds qui amplifient les phénomènes viticoles évoqués ci-avant : vieillissement du vignoble + travail du sol = rendements plus bas. Désormais, atteindre un bon degré de maturité est chose acquise quasiment tous les ans et les vignerons peuvent même souvent se payer le luxe de choisir la date des vendanges. « Mon problème n'est plus d'avoir des raisins mûrs, mais des raisins frais », confirme Benoît Droin, vigneron à Chablis.

Des changements sont également intervenus en cuverie. « Nous sommes de plus en plus nombreux à moins triturer les moûts et avoir laissé tomber les levures lyophilisées du commerce pour vinifier avec les levures indigènes, naturelles, contenues sur les raisins. Cela génère des fermentations plus lentes, plus longues et contribue à l'enrichissement des vins », explique Didier Picq, vigneron à Chichée, lequel avance également l'hypothèse (pas partagée par tous) que les élevages plus longs, en cuves et/ou en fûts, sur lies, pratiqués à Chablis, ont également pour effet de complexifier, d'affiner mais aussi d'enrichir les vins blancs de Chablis.

Bref, le style des vins de Chablis est donc en train d'évoluer, mais il faut qu'il soit parfaitement clair dans l'esprit de tous, qu'il s'agit à notre avis d'une évolution très positive. Les chablis « réguliers » mais parfois aussi un peu trop standards, techniques, que nous pouvions déguster il y a seulement dix ou quinze ans, existent encore, mais ils ne sont plus la règle, loin de là et c'est pour le plus grand bonheur des amateurs de grands vins blancs de Chablis.


Christophe Tupinier


Chablis en quelques chiffres

Département : Yonne (89).

100 % de vins blancs (cépage chardonnay).

300 domaines.

1 cave-coopérative, La Chablisienne (250 adhérents) : 1 300 hectares.

Superficie totale (sources BIVB - récolte 2016) : 5 532 hectares.

Petit-Chablis : 1 055 hectares.

Chablis : 3 595 hectares.

Chablis premiers crus (40 climats, regroupés en 17 dénominations : Montée de Tonnerre, Mont de Milieu, Vaillons, Fourchaume, Montmains, Fourneaux, etc) : 782 hectares.

Chablis grand cru (7 climats : Les Clos, Grenouilles, Bougros, Blanchots, Vaudésir, Valmur, Preuses) : 100 hectares.

Commercialisation : 65 % à l'exportation.


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