Beaune premier cru Les Grèves, Vigne de l'Enfant Jésus.

La Vigne de l'Enfant Jésus dans l'histoire de France

La Vigne de l’Enfant Jésus est une enclave au coeur du Beaune premier cru Les Grèves, l’un des plus réputés de l’appellation.

 

Cuvée emblématique de la maison beaunoise Bouchard Père et Fils, le Beaune premier cru Les Grèves Vigne de l’Enfant Jésus, est de la trempe des plus grands terroirs bourguignons, capable de donner naissance à des vins rouges centenaires. Mais c’est également une parcelle qui fait pénétrer la Bourgogne de plein pied dans la grande histoire de France. Marié à Anne d’Autriche en 1615, le jeune Louis XIII n’avait toujours pas d’héritier après trente années de mariage. À l’automne 1637, le couple royal passe à Beaune ; au Carmel de la ville une sœur prédit alors au couple qu’à son retour à Paris, Anne d’Autriche sera enceinte. Le cortège royal prend le chemin du retour et le 5 septembre 1638, à Saint-Germain-en-Laye, Anne d’Autriche donne naissance à celui que l’on surnommera le Roi-Soleil : Louis XIV. Reconnaissante, la reine fait don au Carmel de Beaune d’une statuette de l’Enfant Jésus et d’une parcelle de vigne de quatre hectares en Beaune Grèves. A la Révolution Française, en 1791, la vigne fut confisquée puis vendue comme bien national. Créée en 1731 par Michel Bouchard, la maison Bouchard va commencer d’investir dans le vignoble en 1775, sous l’impulsion de Joseph Bouchard, fils de Michel ; la vigne de l’Enfant Jésus sera achetée peu de temps après, en 1791.

 

Les quatre hectares historiques

 

La maison a d’autres parcelles dans Les Grèves, mais aujourd’hui encore la cuvée de Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus n’est produite qu’à partir de raisins provenant des quatre hectares historiques. La vigne est donc une enclave en plein cœur du vaste lieu-dit des Grèves (une trentaine d’hectares), autour d’une petite maison rénovée par Bouchard Père et Fils dans les années 90. Elle est entourée de murs sur trois côtés : ouest, est et nord. La moyenne d’âge des pieds est d’une bonne quarantaine d’années ; à noter que c’est sur une parcelle plantée en 1961 que la maison prélève des greffons de pinot noir pour faire sa sélection avec laquelle elle replante ses premiers et grands crus. En surface, sur une vingtaine de centimètres, le sol est constitué de graviers (grèves…), sans argile, sur un sous-sol de dalles fissurées. « Le sol n’est jamais trop mouillé, ni trop sec, c’est l’une des vignes les plus faciles du domaine à travailler », explique Christophe Bouchard, le dernier Bouchard a voir dirigé la maison au milieu des années 2010. Le vin de l’Enfant Jésus est exceptionnel. Nous avons eu la chance de goûter quelques très vieux millésimes, notamment du… XIXème siècle, qui évoquent la race d’un grand cru rouge de Bourgogne : complexité et finesse aromatique, force sans brutalité, soyeux de la texture, distinction et harmonie. La grande classe.

 

Christophe Tupinier

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