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publié le 21 octobre 2016

Et si l’heure du Beaujolais était arrivée !

 

« C’est
l’heure du Beaujolais. Une
nouvelle génération de vignerons
tire le meilleur des excellents
terroirs de ce vignoble, et le
Gamay se révèle être un outil
idéal pour interpréter ces
différents sols. », l’affirmation est de Jamie Goode, expert en vin sérieux, reconnu au Royaume-Uni et elle a de quoi interpeller. Depuis quelques années, les professionnels affirment tous sentir un net frémissement en faveur des vins du Beaujolais sur les marchés export principalement. Pour autant, ce regain d’intérêt annoncé, tardait à se concrétiser dans les statistiques et voila que coup sur coup plusieurs bons chiffres viennent de tomber, à l’export et en France. Ils indiquent tous la même tendance : des hausses de ventes en volume et en valeur parfois spectaculaires pour les crus et les Beaujolais-Villages et des baisses pour l’appellation Beaujolais qui manque manifestement de visibilité. La réflexion menée dans diverses directions pour “monter en gamme”, notamment avec la création d’une nouvelle appellation Beaujolais des Pierres Dorées plus exigeante (rendements plus faibles, degré minimum plus élevé…) n’en prend que plus d’importance.
Dans le détail, sur le marché français tout d’abord, au 19 juin 2016 et sur 12 mois
glissants, les
ventes de vins rouges du
Beaujolais (toutes AOP confondues)
ont progressé de 5% en volume
(15 millions de bouteilles) et 6% en valeur
(80,2 M€) dans
la grande distribution, alors que la tendance était à la
baisse pour l’ensemble des AOP
rouges françaises (- 2,6% en
volume).

A noter les très belles performances
de l’AOP Beaujolais (+6,1%) et des
Crus (+6,8%), mais une baisse de 15% des Beaujolais. Cette
progression des ventes
s’accompagne d’un élargissement de
l’offre en linéaire.

La progression des ventes est également sensible à l’export, puisqu’à fin août 2016*, les vins du
Beaujolais ont retrouvé la
croissance avec +1,59%
en volume et grimpent sur
la 3ème marche
du podium des vignobles français (en termes de pourcentage de progression),
derrière la Provence et la Loire.
Les Beaujolais-Villages ont ainsi
progressé de plus
de 12% et les crus de près de 10%. Les Pays-Bas
ont progressé de 41% en volume
(+104% pour les BV et stabilité pour
les crus). Les Etats-Unis
ont eux aussi retrouvé la
croissance : +0.5% en volume avec
une hausse de 4% pour les Beaujolais-Villages et une spectaculaire progression des crus à +57%. Hong Kong est
en plein boom : +564%.

Le Royaume-Uni
confirme quant à lui sa progression
entamée début 2015. Les chiffres
parlent d’eux-mêmes : + 24% en
volume et + 26% en valeur au global
pour les vins du Beaujolais. Si les Beaujolais Villages affichent
+25% en volume, les crus
jouent pleinement leur rôle de
locomotive sur ce marché avec une
très forte progression de 54% en
volume et 47% en valeur. 

“Après une décennie de baisse, les
investissements réalisés depuis 5
ans par l’interprofession dans la
GMS en lobbying, animations, mises
en avant ou opérations de
cross-marketing, associés à un
ressenti de plus en plus positif
pour les vins du Beaujolais, en
France comme à l’étranger,
commencent semble-t-il à porter
leurs fruits”, explique l’interprofession (Inter Beaujolais). Sans promotion, difficile en effet d’être visible, mais il nous semble que ce rebond est aussi très largement lié aux vignerons et négociants eux-mêmes dont la qualité des vins est sans commune mesure avec ce que l’on pouvait trouver il y a une quinzaine d’années. Il est tout aussi évident que dans le contexte de hausses parfois très importantes des prix des vins rouges depuis quelques années dans des régions comme la Bourgogne, le Rhône, le sud de la France… le rapport qualité-prix imbattable des vins du Beaujolais est un atout de poids même s’il a les limites que chacun sait…
Christophe Tupinier

*Sources
Douanes françaises,
BusinessFrance / Département
Agrotech (Janvier/ août 2016 vs
Janvier/ août 2015).

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