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publié le 30 avril 2015

Joseph Henriot, un grand nom du vin quitte la scène

 

Joseph Henriot est décédé le 28 avril dernier à l’age de 79 ans. Parler, en ce qui le concerne, d’un homme exceptionnel et aux multiples facettes n’est pas excessif. Très Champenois, un rien mondain, mais toujours accessible et chaleureux, Joseph Henriot était d’abord un homme d’affaires. Ingénieur agronome de formation, il est bien sûr associé de près au développement de la maison familiale Champagne Henriot, fondée à Reims en 1808. Il aura également présidé aux destinées de deux autres grandes maisons de Champagne : Charles Heidsieck, puis Veuve Clicquot.En Bourgogne, son rachat de la maison Bouchard Père et Fils (Beaune – 21) en 1995 n’est pas passé inaperçu. Il apporta à la maison les moyens financiers de son développement par l’achat de vignes (Domaine Ropiteau-Mignon, à Meursault, domaine William Fèvre, à Chablis et Villa Ponciago, dans le Beaujolais…) et la construction d’équipements modernes, avec notamment, en 2005, une spectaculaire cuverie de vinification et d’élevage en périphérie de Beaune, baptisée cuverie Saint-Vincent. Joseph Henriot amena également dans ses bagages un sens inné de la communication qui, il faut bien le reconnaitre, n’est pas forcément toujours la tasse de thé des Bourguignons. Nous nous souvenons encore de son premier évènement-presse organisé l’année même de son arrivée, en 1995 donc, pendant le week-end de la vente des vins des Hospices de Beaune. Toute la presse internationale du vin avait été invitée et beaucoup étaient venus écouter les premiers mot du Joseph Henriot “bourguignon”. Ce jour-là, à la surprise générale, Joseph Henriot avait inversé les rôles, en laissant aux journaliste la responsabilité de faire eux-mêmes l’état des lieux de la maison Bouchard Père et Fils “d’avant”. Des grands vins de la maison avaient ainsi été proposés en dégustation aux journalistes, avec la liberté pour ces derniers de réclamer le déclassement des vins si la qualité n’était pas au niveau attendu. Quand on connait l’égo des grands noms de la presse mondiale, c’était bien sûr une très habile façon de se les mettre dans la poche. Quant à savoir, si tout le monde en Bourgogne avait apprécié la démonstration, c’est une autre histoire… Vous l’avez compris, Joseph Henriot était donc aussi un grand homme de communication, même s’il assurait régulièrement la main sur le coeur : “détester la communication et le marketing”.Homme d’affaires, de finances, de communication donc, Joseph Henriot était enfin, et nous aurions d’ailleurs sans doute pu commencer par là, un homme de passion, au sens aiguisé du luxe et de la notion d’excellence à la française en matière de vins tranquilles et effervescents. Il était venu en Bourgogne pour gagner de l’argent, cela va de soit, mais aussi un peu parce qu’il s’ennuyait en Champagne. Remettre en valeur ces grands terroirs de Bourgogne dans lesquels la maison Bouchard Père et Fils est propriétaire, redonner à cette dernière son lustre d’antan, était son challenge, avec en filigrane cette envie de retrouver en Bourgogne la passion, le frisson des grands vins de terroirs qui a sans doute un peu quitté aujourd’hui la Champagne.
Christophe Tupinier

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