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La mention des lieux-dits sur les étiquettes des crémants de bourgogne sera autorisée par l’INAO dès l’année prochaine, actant l’aboutissement de quinze ans de combats pour les défenseurs des bulles de terroir.
Quinze ans ! Cela fera quinze ans, en 2026, que l’UPECB (Union des Producteurs et Élaborateurs de Crémant de Bourgogne) se bat pour obtenir la reconnaissance par l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO), des lieux-dits qui constituent le socle identitaire des vins de Bourgogne. Même si l’administration française n’est guère réputée pour sa rapidité, ce délai ne manque pas de surprendre : les « climats », inscrits depuis 2015 au patrimoine mondial de l’UNESCO, sont en effet à la base, depuis la nuit des temps, de la singularité des bourgognes. Pourquoi ce qui est vrai, et reconnus pour les vins tranquilles, ne le serait-il pas pour les vins effervescents ? Les Champenois, nombreux à revendiquer le terroir d’origine de leurs crus, se sont opposés à la réciprocité pour les crémants de bourgogne. De son côté, l’INAO a joué la montre, avec des arguments qui apparaissent pour le moins spécieux : risque de détournement de notoriété des vins tranquilles, risque de confusion pour les consommateurs… Oubliant, au passage, que les homonymies sont ici nombreuses, qu’il existe de nombreuses parcelles de Perrières et une bonne dizaine de Clos du Roy, qui n’ont jamais entraîné de confusion entre un mercurey, un beaune et un corton !
Montée en gamme
Heureusement, cette longue période de négociations et d’atermoiements a pris fin en septembre dernier, avec l’autorisation par le Comité national de l’INAO de la revendication des lieux-dits pour les crémants. Le dossier devait être définitivement validé le 26 novembre*, ouvrant la voie à une inscription dans le cahier des charges et à une publication au Journal officiel début 2026.
Que changera cette nouvelle possibilité offerte aux producteurs ? Dans un premier temps, sans doute pas grand-chose : les vins effervescents restent basés sur le principe de l’assemblage (des terroirs, des cépages, des millésimes) et les lieux-dits revendiqués resteront l’exception. On peut cependant parier que surfant sur la vague de leur succès commercial -les crémants progressent sur tous les marchés- et désireux de poursuivre leur montée en gamme, de nombreux producteurs seront tentés d’estampiller de nouvelles cuvées de prestige. C’est déjà le cas chez Louis Bouillot avec notamment ses Chenovres, En Bollery ou Dessus des Vermots, chez Louis Picamelot avec ses Reipes, En Chazot et Espoutières, à la Cave de Lugny, chez Dangin dans le Châtillonnais, chez Veuve Ambal, et la liste n’est pas exhaustive. La reconnaissance des lieux-dits participera donc à la montée en gamme des crémants et à la poursuite de leur valorisation sur les marchés. Presque toujours millésimées, les cuvées de terroir sont des effervescents complexes, aptes parfois à un long vieillissement !
Photographies : Maison Picamelot
*Article rédigé au début du mois de novembre
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