Le village de Leynes, dans le Mâconnais.

La Bourgogne continue de planter !

Le numéro 174 de Bourgogne Aujourd’hui est en ligne avec des dossiers sur la Saint-Vincent Tournante 2024 à Morey-Saint-Denis et Chambolle-Musigny, sur les « Bourguignon(ne)s de l’année », des guides d’achat de vins de l’Yonne (Chablis en tête), d’appellations régionales Bourgognes, Mâcons et le cahier de fin d’année sur les Crémants de Bourgogne. Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’article « Actualité » consacré à l’extension de la Bourgogne.

 

Face aux difficultés commerciales, certains vignobles doivent malheureusement se résoudre à arracher des parcelles. Ainsi Bordelais, Languedoc ou encore Côtes-du-Rhône perdent des surfaces par milliers d’hectares. Mais la Bourgogne, avec son succès commercial, ne cesse de s’étendre. « D’environ 300 hectares chaque année », estime Marion Saüquere, directrice de la CAVB (Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne). Ainsi, « pour l’ensemble de nos appellations, la surface en production dépasse désormais les 32 000 hectares ». En 2017, c’était à peine plus de 30 000. Un phénomène toutefois hétérogène. « La dynamique est  forte ces dernières années au sein de nos appellations régionales. Dans l’Yonne particulierement, mais aussi dans le Châtillonnais, les Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits, la Côte Chalonnaise et le Mâconnais », observe Guillaume Willette, directeur du syndicat des Bourgognes.

 

Un potentiel de 50 000 hectares

 

La raison est simple : il reste encore beaucoup de surfaces à planter dans ces secteurs. Au contraire, « les surfaces n’évoluent pas dans les aires d’appellation des grands crus, premiers crus et villages, qui sont intégralement plantées, ou presque, depuis longtemps. » Jusqu’ou ira cette tendance? « Si l’ensemble du potentiel était planté, notre vignoble dépasserait les 50 000 hectares », dévoile Marion Saüquere. La Bourgogne pourrait bien y arriver un jour. Mais pas demain. « Il est essentiel de modérer notre rythme de plantation, ce que nous faisons chaque année en lien avec les syndicats viticoles de chaque appellation. Sans ce  pilotage, on risquerait la surproduction. Et une fois ce stade atteint, on ne peut plus faire grand chose. Il ne faut pas perdre de vue qu’une vigne plantée, c’est un engagement pour 50 ans… »

 

Texte : Clément Lhôte

Photographies : Thierry Gaudillère

 

La Bourgogne s’étend aussi… en Beaujolais !

 

La croissance du vignoble bourguignon se fait aussi dans le Rhône. « Une partie de l’aire d’appellation Crémant de Bourgogne se situe en Beaujolais, notamment dans la zone argilo-calcaire des Pierres Dorées, à l’extrémité sud du vignoble », expose Pierre du Couëdic, directeur de l’UPECB (Union des Producteurs et Elaborateurs de Crémant de Bourgogne). Or ces dernières années, « des viticulteurs du Beaujolais ont planté des parcelles uniquement dans le but de produire cet effervescent », participant de ce fait à l’expansion du vignoble bourguignon.

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